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20 ans après: campagne cape-et-épée sous la Fronde

Épisode 1 (janvier-mars 1649)- En territoire ennemi

Par Alfred Jensen et Rappar

(le télécharger en .doc zippé 112 Ko; en .doc simple 204 Ko 
Attention: la version à télécharger est différente de la version en ligne; elle est plus à jour, plus détaillée et débuggée; nous vous la recommendons si vous comptez faire jouer ce scénario)


janvier-mars 1649.

Ce scénario est l’épisode 1 d’une longue campagne se déroulant pendant la Fronde des Princes (1649-1652). Il est recommandé que le MJ jette un coup d'oeil à la présentation "rôliste" de cette période à cette page (http://bastion.free.fr/1650.htm). 
Les spécifications sur les Personnages-Joueurs (PJ) ont étés indiqués dans le Prologue, que nous vous invitons fortement à faire jouer.

Cet épisode est beaucoup plus ouvert que pendant le Prologue ; les joueurs devront faire preuve d’initiative, et le MJ devra avoir une certaine expérience, acquise par exemple en maîtrisant le Prologue. Que le MJ n’hésite pas à souffler des idées à des joueurs indolents ou à les faire réagir en faisant attaquer leurs personnages, puisqu’ils seront en mission en territoire ennemi.

Les personnages sont les acteurs principaux des troubles qu'organise le Cardinal de Mazarin afin de miner la Fronde parisienne. En intrigue secondaire, le baron de Bougival, (Personnage-Joueur " star " devant être confié au joueur le plus motivé), devra continuer à assumer l’héritage de son père, découvrir le passé de celui-ci, et conquérir Blanche de Saint-André d’Escourme.

Situation historique:

Nous sommes au début de la Fronde, la Fronde parlementaire. Des parlementaires parisiens ayant des charges et certains nobles de grandes familles se sont rebellés contre l’autorité royale. Leur bouc émissaire est le Cardinal Mazarin alors Premier ministre de Louis XIV. Ce dernier, trop jeune (11 ans) doit concilier avec les Grands pour régner.

C'est un temps de guerre civile, on se bat dans & hors de Paris. Il se passe toujours quelque chose et les rumeurs contradictoires vont bon train. Personne ne peut avoir confiance en son prochain. Le tempo doit être assez rapide, pas de temps morts. Les joueurs doivent se sentir oppressés.

Chronologie historique pendant l’épisode 1

8 janvier 1649: la cour partie à St - Germain, Condé met le siège à Paris. Les parlementaires mobilisent et s’allient avec les Grands mécontents : Condi, Longueville, Beaufort et d’Elbeuf. Condi & Elbeuf prennent le commandement à tour de rôle de l’armée frondeuse. Beaufort reçoit une charge d'officier supérieur : le commandement de tous les régiments de la cavalerie de la Fronde.

8 Février 1649: le petit village de Charenton est la dernière voie de ravitaillement de Paris. Condé le prend, l’armée frondeuse essaye de reprendre le village, la bataille s’engage entre troupes frondeuses & loyalistes. Le prince de Condé obtient une victoire malgré la perte de Châtillon, l’un des proches. Les milices bourgeoises de Paris se font exterminer par les troupes royalistes qui jettent les survivants dans la Seine glaciale.

22 février: les parlementaires s’aperçoivent que les Grands ne cherchent que plus d’absolutisme et qu’ils sont prêts à traiter avec les Espagnols. Rupture de cette coalition hétéroclite et ouverture de négociations.

15 mars - 1er Avril: paix de Rueil. La reine revient à Paris.

Scénario.

Scène 1. A Saint-Germain en Laye

A la fin du précédent épisode, nos vaillants héros ont escorté la famille royale fuyant Paris pendant la nuit. Au château de Saint-Germain, personne n’attend la Cour. Chacun se loge comme il peut, nobles comme laquais.

Nous sommes en janvier et la température doit friser les -10°C. C’est un campement impromptu, peu de laquais sont présents et chacun doit se débrouiller comme il peut. Faites jouer des batailles homériques pour récupérer des manteaux chauds et de la paille afin de se protéger du froid, ou encore une place près du feu. Des groupes se forment et les PJ peuvent côtoyer les Grands du royaume restés fidèles au roi.

Un peu plus tard dans la matinée, les PJ se font réveiller par des tirs de mousquets et de pistolets : par la fenêtre ils voient le prince de Conti et sa sœur, la duchesse de Longueville, fuir à cheval et en carrosse (la duchesse est enceinte). Le prince de Condé crie à ses hommes de pas tirer sur son frère.

Mais que se passe-t-il ? Le frère de Condé a choisit son camp par amour pour sa sœur. Sa décision n’est pas réfléchie; la duchesse déteste le Cardinal et l’a convaincu que Mazarin dirige mal le royaume. Conti pense alors que Louis XIV doit pouvoir compter sur eux, les Grands, plutôt que le Premier ministre, qui doit être destitué. Ils partent pour Paris rejoindre les frondeurs.

(Parenthèse amusante: en partie de test, cette scène a donné lieu à une contribution pour le bêtisier:

Joueur: - ah bon la duchesse de Longueville est enceinte? Mais de qui?
MJ: - ben... de son mari! (enfin, on espère)
Joueur: - et son mari c'est qui?
MJ: - ben... le duc de Longueville!! (gouverneur de la Normandie)
Joueur: - ah ouais...
Autres joueurs: - balot!)

Si un des PJ questionne le Prince de Condé à propos de la décision de Conti, Condé répond "le fou, il ne sait pas ce qu'il fait". Lui est un prince de sang auréolé de gloire. Il protègera son roi.

Remarque : à ce moment Condé devra sembler le plus fidèle des royalistes, prêt à sacrifier sa famille à sa loyauté. La trahison finale de ce héros de guerre n’en semblera que plus tragique…

Scène 2 : dans le bureau de Mazarin.

Da Fiume, un des secrétaires particuliers du cardinal viendra les voir et leur demandera que son excellence demande à les voir.

Une fois introduit dans une petite salle très peu meublée qui sert de bureau, le Cardinal Mazarin, chaudement habillé dans un manteau d’hermine (il a la réputation de confondre ses caisses personnelles avec celle du royaume…), les remercie vivement d’avoir servi d’escorte au roi.

Le jeune Louis est là. Il les regarde très sérieusement du haut de ses 10 ans 3 mois. Il leur exprime sa reconnaissance pour l’avoir escorté ; ils ont bien servi le Royaume, qu’ils continuent ; Monsieur le Premier ministre (" mon parrain ") a toute confiance en eux et une mission à leur confier. Mazarin regarde d’un air attendri son élève en train de faire ses premiers pas politiques. Après cela Louis retourne à ses jeux et à ses études. Les PJ ne devraient normalement pas hésiter : c’est par ordre royal qu’ils doivent servir Mazarin.

Après cette entrée pleine de diplomatie, il leur expliquera la situation politique :

  • le roi est parti hors de Paris pour sa propre sécurité,
  • certains grands se sont ralliés à cette fronde parlementaire,
  • les petites gens sont en plein désarroi,
  • l’armée de Condé a reçu l’ordre de mettre le siège à Paris.

Mazarin demande avec un sourire si les PJ ont des projets. Vraisemblablement ce n’est pas le cas, aussi il demande aux PJ de fomenter des troubles dans la capitale. Ils ont le champ libre et le choix des moyens pour accomplir cette mission. Une fois, que les PJ ont accepté, c’est le défilé de l’équipe de Mazarin : Monsieur Colbert, Monsieur le ministre Le Tellier…

  • Mazarin leur signe un blanc-seing : un papier avec des sceaux royaux, moyennant quoi le baron de Bougival et sa suite sont en mission spéciale pour Sa Majesté la Régente, et que toutes les autorités doivent les laisser passer et les aider. Ce blanc-seing ne doit pas tomber dans les mains des Frondeurs.
  • Monsieur Colbert renverse une sacoche sur la table, qui vomit des pièces d’or. Il leur en confie une partie (100 écus, 1 écu d’or vaut 12 livres d’argent) aux PJ.
  • Monsieur Le Tellier leur remet aussi des lettres de change (pour 2000 Livres) échangeables auprès de banquiers de la place de Paris.
  • Mazarin indique qu’il lui reste encore à Paris quelques sympathisants. Il leur donne une bague ornée d’un rubis, signe de ralliement pour les " mazarinistes ".
  • Enfin, il leur donne une deuxième mission : mettre fin aux agissements de Fabrizio Volterra, un banquier génois qui finance les frondeurs.

Option : une scène un peu burlesque, pour les MJ qui aiment les scénars légèrement décalés : en les reconduisant, Da Fiume ne résiste pas à l’envie de leur proposer divers produits de son laboratoire : poisons, somnifères, feu grégeois (grenades artisanales), bombe (tonnelet plein de poudre avec mèche au phosphore, etc. Tel Q dans James Bond, il leur demande de prendre soin de ses gadgets…

Scène 3 : entrée dans la capitale

En chemin vers Paris, ou lors d'une reconnaissance, les PJ arrivent au moment où le capitaine de Morlay s'apprête à pendre quelques malheureux bougres appartenant à une troupe de comédiens qui tentaient de rapatrier quelques sacs de farine vers Paris. L'un de ses malheureux est Jean Faye, comédien de son état. Il sera pendu ainsi que sa troupe si les PJ ne font rien pour le sauver.

Il faut être persuasif pour empêcher de Morlay de faire un massacre. Les PJ peuvent :

  • Se servir du blanc-seing
  • Faire valoir un statut de noble (mais de Morlay est marquis…)
  • Faire valoir un statut militaire (de Morlay est capitaine, mais il n’a aucune ancienneté)
  • Remarquer que les dragons réprouvent ce massacre et leur demander de faire pression sur leur chef. Il s’ensuit une lutte d’influence sur les soldats; Morlay manie flatterie et menaces pour se faire obéir.

Si les PJ laissent faire ou si de Morlay l’emporte, il pend les comédiens haut et court sur l’heure, en ignorant les objections. Ignorer les évènements liés à Jean Faye dans la suite du scénario.

Si de Morlay perd ce bras-de-fer, il repart au galop avec sa troupe, mordant son frein. Sa vengeance viendra, il est patient…

A partir du 9 janvier, il sera impossible de rentrer ou de sortir de la capitale sans un passeport signé par les deux parties. Pour cette raison, il est conseillé aux PJ de rentrer avec les derniers convois de nourriture.

S’ils décident de rentrer après le 9 janvier, ils pourront essayer de rentrer avec une barge. Les rives sont surveillées. Il faudra se montrer discret.

Une fois la capitale encerclée, la milice bourgeoise devient soupçonneuse et les contrôles d’identité deviennent de plus en plus fréquents. Attention aux paroles échangées à voix haute, tout le monde dénonce tout le monde.

Etant donné que la capitale est assiégée, les PJ doivent aussi trouver un logement et faire des réserves de nourriture. Ils devront faire jouer leurs relations pour obtenir un lieu approprié à leur mission.

Scènes 4 et suivantes : un mois pour agir dans une ville assiégée

A partir du 9 janvier, et jusqu’au 8 février 1649, les PJ se trouvent dans une période historique confuse et très trouble, où tout est possible. Le scénario n’est plus linéaire du tout, les sections ci-dessous peuvent être abordées dans n’importe quel ordre, en fonction des actions des PJ.

Le MJ devra cependant, pour créer une aventure équilibrée, alterner initiatives des PJ & initiatives des PNJ ; phases diplomatiques & combats ; succès des missions & fuite devant les autorités ; problèmes d’intendance ordinaires & actions héroïques...

Gestion du temps :

Pour faire avancer l’aventure, le MJ devra décompter le temps, et considérer que chaque " action " prend une journée, tandis que chaque " scène " prend trois jours.

Une action est par exemple trouver un logement ou une certaine personne (p.ex. un ancien mousquetaire ami, ou Blanche). Entre les entretiens, les déplacements et les attentes, cela prend bien une journée.

Une scène est par exemple " la mise hors d’état de nuire de Volterra " et prend trois jours minimum, car il y a au moins trois actions: repérage, mise en place d’un plan, exécution du plan. Chaque action supplémentaire (ex : se déguiser en noble étranger pour le rencontrer) prend bien sûr un jour de plus.

(NB : Dans un " jour ", il y a aussi la nuit, car chaque action nocturne est suivi d’une période de repos.)

Gestion de la nourriture :

La nourriture devient difficile à trouver à partir du 20 janvier. Les PJ doivent faire un test de connaissance de la rue pour se procurer de la nourriture a prix d’or. La quantité de nourriture est à moduler selon la réussite de ce test ; une réussite minimale ramène de la nourriture pour 3 jours. Chercher de la nourriture au marché noir prend une action (un jour). Sortir de Paris chercher des victuailles - Solution économique mais très dangereuse… - et retourner dans Paris à travers le siège prend deux actions (deux jours ).

NB : à partir du 20 janvier, il est plus facile de corrompre avec de la nourriture qu’avec de l’argent.

Le marché noir lui-même n’a plus rien à proposer à partir du 28 février. Les PJ, s’ils sont encore là, devront vivre sur leurs réserves. Heureusement, deux jours après, le siège commence à être partiellement levé et les marchandises circulent à nouveau.

Section I : Des lieux où aller.

Lieu 1. l’hôtel particulier de Volterra. (au moins 3 jours)

Les PJ ont pour mission de mettre fin aux agissements de Volterra, un banquier qui prête aux nobles, et comme certains de ceux qui restent sont frondeurs, il finance les frondeurs. Allez lire son portrait dans le casting des PNJ à la fin.

Possibilités :

  • Attaque frontale. L’hôtel particulier du banquier est situé dans la rue Saint Louis (dans le quartier du Marais). C’est une véritable place forte : mur de deux toises, meurtrière, porte en chêne avec des renforcements en fer. En face de sa demeure, se trouvent les communs, occupés par six hommes de sa garde personnelle se relayant toutes les deux heures. Une attaque frontale est vouée à l’échec ; les attaquants se trouveraient sous un tir croisé, à bout portant. La garde " prétorienne " de Volterra est au total de 30 hommes…

Rentrer dans cette forteresse par la ruse n’est pas évident non plus.

  • Diplomatie & intimidation. Il n’est pas facile de rencontrer le banquier. Volterra n’acceptera pas de voir de nouvelles personnes qui n’auraient pas été préalablement cooptés par un noble de sa connaissance. Il n’est pas intimidable : d’une part il a pris des mesures de sécurité considérables, d’autre part, il est tellement cupide qu’il se fiche de se faire des ennemis. Les affaires marchent et c’est tout ce qui compte pour lui.
  • Cambriolage & ruine : les " clients " de Volterra ne peuvent que " visiter " les appartements au rez-de-chaussée, faisant office de banque et de bureau de préteur sur gages. Pour les prêts sur gages, un commis escorté de deux spadassins descend du premier étage toutes les demi-heures, récupère les objets de valeurs et remonte les répertorier. Ensuite les objets sont redescendus au sous-sol par un escalier de service très discret. La chambre-forte est une ancienne cave à vin aux murs de briques, aux ouvertures murées, fermée par une énorme porte en bronze. Les clés nécessaires pour l’ouvrir sont aux cous de Volterra et de De Coriâtre
  • Attentat : Quand il se déplace – ce qui est rare, ses clients allant plutôt lui rendre visite à domicile, il est entouré de douze de ses spadassins -, et c’est en calèche couverte, derrière des volets en chêne. Cependant, dans les rues étroites et encombrées de Paris, il est toujours possible d’organiser un attentat.
  • Autres solutions : heureusement les joueurs ont toujours des idées. En parties de test, un des personnages s’est fait engager comme commis ; d’autres ont fait diversion et se sont introduits dans l’hôtel grâce à leur complice. Ils ont fait fuir Volterra mais n’ont pas pu ouvrir la chambre forte.

Section II : Toutes les manières de se faire repérer en territoire ennemi

Voici quelques dangers à mettre régulièrement sur le chemin des PJ, quand la tension retombe.

Danger 1 (un jour) : Les PJ croisent une troupe de cavaliers menés par un proche du duc de Beaufort. Il n’a pas oublié la " leçon d’escrime " au Palais Royal (cf. Prologue) et reconnaît son adversaire d’alors. Les PJ sont pris en chasse par les cavaliers près de la Seine, et peuvent semer leurs poursuivants dans la cohue des quais ou des ponts (rappelons que les ponts sont aussi couverts de boutiques que le Ponte Vecchio à Florence. C’est seulement en 1769 que les maisons sur les ponts seront détruites).

Danger 2 (un jour)

  • Danger 2.1 : si les PJ tentent de rentrer et de sortir de Paris, ils se font repérer par une patrouille de la milice bourgeoise, qui demande à contrôler les passeports. Ces derniers étant faux, une mousquetade peut s’ensuivre.
  • Danger 2.2 : pareillement, si les PJ se promènent armés ou en armure, l’alarme est donnée et une patrouille vient les contrôler. S’ils n’ont pas de bonnes raisons… (appartenance à l’armée Frondeuse), les miliciens veulent les arrêter !
  • Si l’action dégénère en combat, les miliciens se replient avec le signalement des PJ, puis, la menace de subversion étant prise suffisamment au sérieux par les autorités, trois unités de l’armée frondeuse bouclent et ratissent le quartier. Au pire, cela leur sert de démonstration de force.
  • Danger 2.3 : les PJ peuvent avoir envie de changer leurs lettres de créances, qui ont le sceau de Mazarin dessus. S’ils ne prennent pas un minimum de précautions, telles que se renseigner sur les opinions politiques du banquier à qui ils s’adressent, ils se feront dénoncer aux frondeurs (voir alors Danger 5)
    • Une des lettres de change est encaissable auprès d’un financier connu pour partager les goûts de luxe de Mazarin : Nicolas Fouquet. Mais il déclarera cependant que la lettre est un faux, bien qu’il y ait sa signature, et proposera cependant de la racheter au dixième de sa valeur. Dans tous les cas il s’arrangera pour garder l’argent…
    • Apporter une lettre de change à Volterra, c’est non seulement se faire automatiquement dénoncer, mais en plus les miliciens sont renforcés par les mercenaires de Volterra !

Danger 3 (un jour): Rencontre avec un ancien serviteur licencié. Il reconnaît l'un des PJ & se pose des questions. Si les PJ n’ont pas l’air de Frondeurs exaltés, il tente de les faire chanter en leur demandant " les semaines de gages qui lui sont dues… ". Qu’attendre de plus de ce faquin qu’une dénonciation à la barricade la plus proche ?

Danger 4 (un jour): Les PJ assistent à une expédition punitive contre " une famille de mazarinistes " (Les Maldini. Ils ont le tort d’avoir un nom à consonance italienne). En voyant les miliciens piller la maison desdits " mazarinistes ", les PJ se rendent compte que certains membres de la milice bourgeoise ne sont que des vulgaires voleurs, dont des " frères "de la bande " des Jacques ".

  • Les PJ restent en observateurs : les PJ observent tellement bien qu’ils repèrent automatiquement des membres de " la bande des Jacques " qui faisaient partie des agresseurs de Saint-André d’Escourme. (voir prologue)
  • Les PJ interviennent : ils se font repérer par Jean Meunier et le Danger 5 se déclenchera automatiquement. Par contre, ils se feront des alliés qui pourront les cacher quelques jours. Test de perception pour repérer des membres " des Jacques "

    En repérant et suivant, ou en capturant et interrogeant un des " Jacques ", les PJ pourront apprendre que leur chef est connu sous le nom de " Jacquot la fripouille ". Ils pourront commencer à remonter la piste qui les mènera,  via Jacques Sarment, à Jean de Survais, et éclaircir les raisons de la mort de d’Escourme. Mais ils devraient avoir autre chose à faire.

Danger 5 (deux jours): Attaque de la cachette par une troupe de la milice bourgeoise.

Si les PJ se font repérer ou dénoncer, Jean Meunier pourra facilement trouver leur cache. Il lancera la milice bourgeoise à l’assaut un petit matin, après avoir bouclé le quartier. Le nombre (30 à 40 miliciens) compensera la supériorité technique des PJ. Ceux-ci devront fuir (non il n’y a pas d’égouts, mais on peut mettre en scène une poursuite du type le hussard sur le toit) et se trouver une nouvelle cachette.

Prison (au moins 3 jours) : si les PJ se retrouvent prisonniers dans un cul de basse-fosse, leur couverture est brûlée, et leur mission s’arrête sur un échec. Leur équipement est confisqué sauf la bague de Mazarin si les joueurs pensent à la cacher.

MJ, expliquez à vos joueurs que vous n’autoriserez qu’une seule tentative d’évasion, par souci de vraisemblance, et qu’ils doivent donc la préparer sérieusement.

    • les PJ n’arrivent pas à s’évader. Cela ne crée pas des parties de jeux de rôles très amusantes, il vaudrait donc mieux éviter cela. Mais enfin si les joueurs se débrouillent très mal… Passer à l’épilogue.
    • les PJ s’évadent : ils devront aussi quitter définitivement Paris. Cela sera plus ou moins facile, selon qu’ils ont préparé par avance ou non des itinéraires de fuite, des caches d’armes et d’argent, etc.

Une fois sortis, attention à ne pas se faire tirer dessus par les royalistes. La bague peut se révéler utile, mais les personnages n’échapperont pas à une détention humiliante, cette fois par l’armée de Condé, jusqu’à ce que celui-ci les fasse libérer. Les jours mornes passent à surveiller Paris. Passer ensuite à la scène 5.

Les PJ peuvent aussi vouloir faire évader quelqu’un de prison (l’un des leurs, ou Blanche...) Dans ce cas aussi, ils devront avoir prévu des itinéraires et des caches. Le MJ devra demander aux joueurs de concevoir un plan d’action élaboré, en leur expliquant qu’ils ne sont pas en train de jouer à 7th Sea.

Section III : des gens à rencontrer

Ces PNJ permettent de faire le lien entre les différents épisodes de la campagne ; on les a vu, et on les reverra. Il ne faut pas les négliger, s’attacher à les décrire, à les interpréter, et noter où en sont leurs relations avec les PJ à la fin de l’épisode I.

Gens 1. Blanche et les Lursac

Le baron de Bougival va sûrement essayer de se renseigner sur le devenir de Blanche de Saint-André d’Escourme. Elle loge chez des cousins du côté maternel: les De Lursac. Ce sont de braves & riches bourgeois qui font commerce de vin. Ils vivent dans un petit immeuble près du château-fort du lieu Bastille (construit en 1370).

Les PJ peuvent très bien se lier d’amitié avec les Lursac. Ces notables sont préoccupés par le siège qui est mauvais pour les affaires. Le chef de famille est Adrien de Lursac. Il a des relations parmi les parlementaires, et a été nommé capitaine d’une compagnie de miliciens. Cette dernière recherche les " Mazarinistes ". Les erreurs sont communes, et la justice, aveugle (voir Danger 4).

Adrien de Lursac raisonne par stéréotypes, et s’il n’y a pas parmi les PJ de religieux italien, il ne se doutera de rien, et  invitera " les amis de cette pauvre orpheline " à sa table. D’autant plus que Blanche leur a parlé de ceux qui lui ont sauvé la vie (cf. Prologue).

Tout en faisant déguster les meilleurs crus de sa cave, il expliquera que tous les troubles sont de la faute de Mazarin, qui en tant qu’Italien est la cause de la porte ouverte à l’importation de vins italiens, pourtant de moindre qualité ; en tant que ministre détourne les fonds royaux et est la cause de la hausse des impôts et de la mévente des vins, etc.

Bien que Lursac soit du côté des Frondeurs, il a tellement confiance dans " les amis de Blanche et de D’Escourme" que les PJ pourront se servir de lui pour rentrer dans les rangs des Frondeurs, obtenir des lettres de recommandation, ou savoir ce qui se trame dans Paris.

1er rendez-vous. (un jour)

Au moment où les PJ se présentent, Blanche n’est pas chez les De Lursac. Des domestiques peuvent, moyennant quelques pièces, révéler que, n’ayant plus de moyens pour survivre après la triste fin de son père adoptif, elle a rassemblé ses dernières parures et est partie les gager chez le banquier Volterra !

  • Une attitude chevaleresque serait de se précipiter chez Volterra pour l’en empêcher…
  • …ou de racheter les bijoux… mais avec quel argent ? Pas celui de Mazarin quand même !
  • …ou de reprendre les bijoux à Volterra. Après tout, c’est un ennemi du roi, donc c’est une prise de guerre…

Gens 2. Blanche et Etienne de Morlay

Lassé d’assiéger Paris, et inquiet pour Blanche, Etienne de Morlay s’infiltre seul dans la capitale. Le MJ devrait arriver à mettre en scène l’incident suivant lors d’une deuxième visite des PJ à Blanche:

2ème rendez-vous (un jour)

Morlay se rend chez Lursac. Une fois de plus, celui-ci ne se doute de rien et laisse entrer " l’ami de d’Escourme ". Morlay commence à faire une cour pressante à Blanche, mais celle-ci le repousse. Courroucé, Etienne de Morlay lâche : " de toute façon même si vous refusez mon amour, vous êtes mienne, votre père a signé le contrat ", réplique que ne peuvent manquer les PJ qui arrivent à ce moment!

Morlay se reprend et refuse d’en dire plus sur son " arme secrète ", le contrat de mariage qu’il a signé avec feu le tuteur de Blanche, Saint-André d’Escourme. D’ailleurs il ne l’a pas sur lui.

Adrien de Lursac débarque innocemment en plein milieu de cette arène. Les regards haineux du marquis de Morlay et du baron de Bougival se croisent : vont-ils se dénoncer l’un l’autre au capitaine? Vont-ils se battre en duel dans la maison du milicien ? Morlay gardera son sang-froid et prendra congé. Par contre, il recrute un gueux pour suivre les PJ et dénoncer leur cachette aux miliciens.

Gens 3. Jean Meunier

Jean Meunier est un maître-espion au service de Beaufort. Ce mois-ci, il fait du contre-espionnage. Dés que les PJ feront une entorse à leurs impératifs de discrétion, il aura leur signalement et il remontera facilement vers leur cachette (événement Danger 5). Après quoi il fera intervenir la milice bourgeoise – lui restant en arrière, dans l’ombre, en ricanant et en se frottant les mains, très fier de lui.

Le seul moment où les PJ peuvent le rencontrer face à face, c’est s’ils repassent une troisième fois chez Lursac…

3ème rendez-vous (un jour)

Meunier fait une tournée d’inspection des nouveaux officiers de la milice et débarque chez les Lursac sous un prétexte administratif quelconque. Il trouve immédiatement les PJ suspects. Deux questions innocentes plus tard, et à moins que les joueurs ne déploient des trésors de roleplay et que les personnages ne soient des experts de l’imposture, il les a percé à jour et s’éclipse pour rameuter la milice. Test de perception humaine pour les PJ, pour se douter de quelque chose.

La milice arrête Lursac, Blanche et les PJ s’ils sont encore là au retour de Meunier. S’ils sont fait prisonniers, rendez-vous section II-Prison, sans passer par la case départ.

Gens 4 : Jean Faye -S’il est toujours vivant ! (un jour par service qu’on lui demande)

Le comédien que les PJ ont peut-être sauvé de la pendaison. Le récit de sa mésaventure s’est répandu parmi toutes les troupes de comédiens itinérants coincés par le siège; les PJ sont reconnus et retrouvés. Jean Faye les invite à un festin de victuailles de contrebande. Les PJ font la connaissance de son ami Jean-Baptiste Poquelin, (dit Molière) acteur et auteur, à la recherche d’un mécène (occasion de se faire un ami et d’obtenir des places gratuites aux répétitions générales). Comme ils lui ont sauvé la mise, Jean Faye met ses talents à disposition de ses sauveurs. Il est faussaire, peut contrefaire des papiers (vous avez dit passeports ?) et des pièces de monnaie (vous avez dit monnaies antiques qui permettront d’approcher Volterra ?). Ses relations permettent aussi d’obtenir des déguisements assez ressemblants. Bon il est vrai que tout se paye, et il exigera de la (vraie) monnaie sonnante et trébuchante dés le deuxième service que les PJ lui demanderont.

Gens 5 : Les Echarpes vertes (deux jours minimum pour les contacter, deux jours par action commune) (voir casting à la fin)

Les PJ vont entendre parler d’assassinats de Frondeurs et de coups de mains menés sur leurs arsenaux. Comme ils traînent dans les mêmes parages, les PJ finiront bien par remarquer des gens louches qui, comme eux, complotent et espionnent. Sinon, c’est les PJ qui se font remarquer par les Echarpes vertes.

Les anciens soldats au service de Mazarin sont extrêmement méfiants, voire paranoïaques. Ils n’aiment pas qu’on marche sur leurs plates-bandes et cherchent à tendre une embuscade aux PJ. La première rencontre type se passe dans une ruelle une nuit. Elle risque d’être mortelle si les PJ ne déploient pas des trésors de diplomatie...

La nuit, les écharpes vertes sont grises : un test de perception est nécessaire pour reconnaître la couleur des écharpes, après quoi les PJ se souviennent qu’ils ont étés sauvés par ces gens le 4 janvier (voir Prologue, scène 7). Montrer la bague de Mazarin ou son blanc-seing aplanit définitivement les suspicions.

Une fois avec les hommes d’Orséac, l’union fait la force. Les PJ disposent d’un moyen de communication avec les assiégeants (des pigeons), et du soutien de soldats expérimentés qui peuvent aider à monter un attentat contre Volterra. En échange, ils seront invités à participer à une action spectaculaire : sabotage d’un arsenal ou assassinat d’un parlementaire.

Section IV : Possibilités de remplir sa mission

Vos joueurs, Ô MJ, n’ont pas l’habitude de l’agit-prop et de la guerre révolutionnaire (ils ne perdraient pas leur temps à faire du JdR). Ecoutez leurs suggestions, refusez-les si elles sont n’importe quoi. Rappelez les faits suivants :

  • " on est pas à 7th Sea " : au milieu d’une ville ennemie, les PJ ne sont tout simplement pas en position d’user de la violence . S’ils se laissent entraîner dans une bataille rangée, jetez-les en prison, blessés.
  • " on est pas à Vampire " : dans une ville assiégée, tout le monde se méfie. Les PJ sont catalogués du côté du Roi, et ne sont pas des Grands nobles influents. Au bout d’un ou deux jours passées à attendre dans des antichambres, à discuter avec du menu fretin sans aucun pouvoir, ils devraient le comprendre. Il n’y a que quelques personnes vraiment influentes, et les PJ n’auront pas l’occasion de les approcher.

Si les joueurs sont à court d’idées, lancez une discussion et amenez-les à une des initiatives ci-dessous.

Initiative 1. Se faire recruter dans un régiment d’infanterie ou de cavalerie. (au moins un jour, davantage si on est effectivement recruté)

Les PJ entendent parler (par de Lursac p.ex.) de la création du régiment de Corinthe par le coadjuteur Gondi - un des principaux meneurs de la révolte. Si les PJ se sont un peu renseignés, ils savent qu’Elbeuf et Conti commandent l’armée un jour sur deux ; or Conti les a vu à St-Germain...

Tirez à pile ou face qui commande le jour où les PJ viennent s’engager, sauf s’ils viennent exprès voir un des deux commandants.

  • Si c’est Elboeuf qui commande ce jour là, les PJ sont assignés à des tâches secondaires (Elboeuf aussi se méfie d’eux, surtout s'ils ont une réputation d'être proche du roi). Ils auront néanmoins les coudées franches.
  • Si c’est Conti, il va falloir surmonter sa méfiance : n’a-t-il pas vu les PJ escorter Mazarin à Saint-Germain ?
    • S’ils lui paraissent être des espions… direction la prison !
    • Si les PJ le convainquent qu’ils ont trahi Mazarin, il les assigne à la cavalerie, sous les ordres de… Beaufort.
  • Si nos héros viennent à se retrouver dans la cavalerie (ne pas oublier que les mousquetaires faisaient partie de la cavalerie), pas de chance : c’est l’ennemi héréditaire du " PJ Star ", le duc de Beaufort, qui commande les régiments de cavalerie de la Fronde. Il profitera de cette occasion pour se venger de l'affront du Palais Royal (Cf. Prologue), et tester la loyauté du groupe de St-Jean d’Oise en l’envoyant combattre dans une situation calamiteuse (escorte d’un convoi en dehors de la capitale…)..

Initiative 2 : Se faire recruter comme homme de main (au moins un jour, davantage si on est effectivement recruté)

Les Grands (Elbeuf, Conti, Longueville, Gondi) sont connus pour rechercher des hommes de main. Les PJ peuvent se faire engager. Ils pourront alors aller et venir en Paris avec un sauf-conduit.

Attention quand même à leur futur employeur. Il se pourrait bien qu’il connaisse un triste sort. Le siège est propice aux règlements de comptes entre factions rivales ; factions au sein du Parlement de Paris ; à l'Hôtel de Ville ; rivalités entre nobles pour des questions d'étiquette ou de maîtresse.

Chaque noble entretient un réseau de clients. Gondi entretient par ses réseaux de curés des liens étroits avec l’Espagne. Devenir un de ses hommes de main peut aboutir à connaître certains plans des Grands. Des joueurs inventifs mettront en place des tactiques élaborées, par exemple une équipe organise un attentat, une autre accourt à la rescousse et se fait engager.

Cependant, il existe toujours le risque de se faire repérer si on s’approche trop des cercles dirigeants : Beaufort les fera écarter " préventivement ", Conti les reconnaîtra comme des fidèles du Roi, Jean Meunier enquêtera sur eux et testera leur idéologie " parlementaire " (voir ses " questions typiques " dans le casting des PNJ)

Initiative 3 : Fomenter des troubles au sein de la population. (5 jours)

Lors du siège, ce sont les petits gens les plus touchés par la famine. Empoisonner les réserves de blé est une solution qui n’est pas chevaleresque, mais la fin justifie les moyens.

Initiative 4 : Corrompre les gardes d’une porte. (deux jours pour corrompre, un jour par aller-retour hors et dans Paris.)

Une fois les gardes corrompus, les PJ peuvent renseigner plus facilement l’armée de Condé qui cantonne en dehors de la capitale. Mais de nombreuses allées et venues nocturnes, surtout peu discrètes, se révèlent dangereuses : à partir de la 2ème sortie clandestine de Paris, il y a 25% de chances par sortie (cumulatif) que la milice ait vent de la chose et tende une embuscade.

Initiative 5 : Rechercher des informations et des alliés (7 jours)

Peu de parisiens sont sûrs. Peur et soupçons mutuels règnent. Les Parisiens ne comprennent pas pourquoi le roi s’est enfui et mettent la situation présente sur le dos de Mazarin. Ce dernier veut avoir une situation précise sur l’état d’esprit de la capitale. Traîner dans les endroits publics, essayer de surprendre quelques discussions permet d’identifier des alliés potentiels.

La plupart des Parisiens sont indécis. Assez content de s’être débarrassés de " Mazarin l’oppresseur-voleur" au début, ils sont de plus en plus inquiets par la suite. D’abord le problème du ravitaillement qui s’accroît de jour en jour. Ensuite, les rumeurs de désaccords entre parlementaires et Grands se répandent, et les Parisiens ne veulent pas tomber dans la dictature féodale des nobles frondeurs. Enfin, ils sont toujours fidèles au roi malgré tout.

Un peu d’ambiance : fin janvier la rumeur perce que le roi d’Angleterre est passé en jugement pour trahison, et début février le peuple parisien apprend que le Charles Ier a été exécuté le 30 janvier. Bien que cela ne soit pas vraiment une surprise pour les personnes qui ont suivi l’actualité étrangère depuis les débuts de la guerre civile, le peuple est très ému et les esprits s’échauffent.

Pendant une semaine, on ne parle plus que de ça. Les plus radicaux exultent et prophétisent la fin des monarchies ; les plus conservateurs conspuent Cromwell-le-régicide. Tous font des comparaisons avec la situation française : le rôle du Parlement dans la chute du roi, ses opposants qui ne faisaient pas la guerre à Charles Stuart, mais " à ses mauvais conseillers "… le rapprochement avec Mazarin est aisé.

Scène 5 : 8 février, Charenton.

Début février, Charenton est devenu le seul accès pouvant ravitailler la capitale. Par conséquent Condé décide de prendre le village. L'armée de Paris essaye de contre-attaquer afin de dégager l’accès.

Le huit février au matin, Paris est réveillé par les tocsins des nombreuses églises de la capitale. Les milices bourgeoises et les régiments de l’armée dont celui de Corinthe se réunissent sur la place royale (actuelle place de la Concorde). L’armée de la Fronde en bon ordre se rend vers Charenton, beaucoup trop lentement.

En effet, dans le même temps, l’armée royale prend Charenton et se prépare à la contre-attaque. La troupe royale s’est rendu maître du seul pont pouvant dégager la ville et donc le ravitaillement.

Phase 1 : le duc de Beaufort demande à sa cavalerie d’enlever le pont.

  • Si les PJ sont infiltrés dans les rangs des frondeurs ; le duc aperçoit le Baron de Bougival, et le désigne pour enlever le pont.

L’artillerie est sensée préparer le terrain mais…

Phase 1 bis : dans le même temps, les Echarpes Vertes d’Orséac se rendent maître d’une partie des canons des Frondeurs et tirent à mitraille sur les autres pièces d’artillerie, et les clouent avant de se faire repousser.

  • Si les PJ sont avec les " écharpes vertes ", ils participeront à cette opération.

Phase 2 : la cavalerie frondeuse charge, pensant qu’elle sera couverte par l’artillerie, elle va se tromper lourdement. Surtout que devant elle, embusqué dans les maisons du village, se tient une cornette des "Enghien Dragons" du roi (120 à 200 hommes). Ils font feu à moins de vingt toises (40 mètres).

  • Si les PJ sont en train de charger avec la cavalerie, faites-leur apercevoir un bout d’uniforme qui dépasse. Ils se rendent compte qu’ils se précipitent dans un traquenard, et que leur meilleure chance de survie est de déserter dans le no man’s land entre les armées. Ce qui a de plus un effet important sur le moral des Frondeurs. Si les PJ ne désertent pas à ce moment, ils se font au moins blesser par leurs alliés…

Phase 3 : Une autre cornette se tient près d’un bois sous le commandement de Morlay, prête à charger les survivants frondeurs. Morlay s’est de plus adjoint " les épées du Christ ", 30 peu recommandables hommes de main (voir Prologue). Ses deux escadrons de cavalerie (de 60 hommes chacun) contre-chargent, éliminant les derniers soldats de la Fronde, et ses hommes de main passent les survivants au fil de l'épée, ou les jettent dans la Seine glacée, même ceux qui demandent grâce. (Le Prince de Condé ayant donné comme ordre de ne pas faire de quartier, de Morlay assouvit ses pulsions sadiques.).

De Lursac s’est fait surprendre malgré ses précautions, et est mené sur la rive par les crapules de De Morlay ; il pleure et demande grâce à ses bourreaux. Il reconnaît les PJ et les implore de le sauver. Les PJ vont-ils aider un frondeur notoire dont ils ont été les hôtes?

Les PJ peuvent intervenir pour arrêter le massacre, car

  • ils ne sont pas informés des ordres de Condé
  • les hommes de main de Morlay ne sont pas en uniforme de dragons.
  • ils ont peut-être encore le blanc-seing de Mazarin (qui va enfin servir)

Les PJ peuvent s’apercevoir qu’il y a des éléments " irréguliers " dans les troupes de Morlay. Nouvelles relations houleuses à prévoir…

Bilan : les PJ ont sans doute tombé le masque et rejoint les troupes royales à la fin de cette bataille décisive. Présenter la bague de Mazarin ou le blanc-seing aide beaucoup à éviter des balles royalistes perdues (dont certaines des hommes de main de Morlay…). On ramène le corps de Châtillon, un très proche ami de Condé. Moment surprenant où l’on voit ce prince de sang fondre en larmes et sangloter longuement sur le cadavre de son camarade.

Epilogue :

La bataille prenant fin, les meneurs de la Fronde commencent sérieusement à douter qu’ils puissent vaincre le siège, surtout que l’aide qui devait venir de l’armée du vicomte de Turenne n’est plus à l’ordre du jour. En effet, l’armée menée par Turenne a vu ses émoluments payés par Mazarin. Les meneurs de la fronde commencent donc à négocier avec le Cardinal de manière à sortir de cette situation d’une manière honorable.

Certains Grands décident alors de pactiser avec les Espagnols... A suivre…

Si les PJ sont toujours en ville, la période de leurs exploits est passée : sauf précautions drastiques et couronnées de succès, ils se sont fait repérer comme agents de Mazarin et sont obligés de se cacher. Même les " Echarpes vertes " sont partis vers d'autres exploits.

Il ne se passe plus grand-chose ; les frondeurs tentent de négocier en position de faiblesse, les deux factions (parlementaires et Grands) se rendent mutuellement responsables de l’échec de la bataille. La principale préoccupation du peuple est de se nourrir. Expédiez la période 8 février-début mars en quelques jets de dés et description de la situation.

Quand enfin ils ont rejoint le camp loyaliste, ils peuvent assister aux négociations du côté du roi. Le siège est finalement levé au début du mois de mars. Fin mars la Cour revient à Paris.

Le temps des XP et des récompenses arrive !

  • Pour un PJ noble :
    • Si c’est un militaire, il est promu au rang supérieur et versé dans les " Enghien dragons ", sous les ordres de… de Morlay ! En effet, Mazarin veut surveiller de Morlay, qu’il trouve remuant. Pour tout arranger, il n’explique pas encore pourquoi il mute le noble précisément dans cette unité. (
    • S’il a une expérience militaire (p.ex. un mousquetaire du roi dont la compagnie a été dissoute par Mazarin en 1646), il est parrainé pour rentrer dans les chevau-légers, une compagnie presque entièrement composée de nobles de rang moyen ou important, et ou il pourra continuer à espionner, puisque ces nobles sont sympathisants des Frondeurs. Les chevaux-légers : http://bastion.free.fr/chevaul.htm.
    • Un noble qui ne pratique pas le métier des armes (honte à lui) pourra devenir garde du corps/homme de compagnie de Louis ou de la Reine (les " faux " gardes du corps, ceux qui sont en souliers). Pour les grades et les salaires, voir les Gardes Français http://bastion.free.fr/gardes.htm
  • Pour un PJ roturier
    • Le plus respectable des PJ roturiers qui se sont particulièrement illustrés est anobli chevalier. Cela peut arriver à un bourgeois, voire à un roturier bien éduqué.
    • S’il peut faire un bon soldat, c’est dans la compagnie des gardes (mousquetaires) du Cardinal que l’on lui propose de rentrer. Les mousquetaires : http://bastion.free.fr/maison.htm#mousquet
    • S’il est un peu à la limite de la bonne société (valet, voleur…) Il pourra se joindre aux Echarpes Vertes, unité de francs-tireurs très fidèles à Mazarin, à l’esprit de camaraderie légendaire.
    • Les autres peuvent rentrer dans les " réseaux " mazarinistes, position enrichissante s’il en est.

Organisations

  • Les dragons

Les dragons ont les mêmes grades que les unités de la maison du roi (http://bastion.free.fr/grades.htm) à part que leur capitaine n'est pas le roi mais le duc ou prince d'Enghien.

  • La milice

Un mélange hétéroclite de soldats réguliers, de bourgeois volontaires et de gredins opportunistes. Se déplacent par patrouilles (5 hommes) ou par unités (30 à 40 hommes). Bien que la milice soit peu instruite militairement, elle suffit à mater les civils.

  • Les "Jacques"

Une bande de voleurs & de coupe-gorge parisiens.
Leur signe de reconnaissance : ils ont tous comme pseudonyme " Jacques " (+ surnom), et s’appellent " frère " entre eux. Leur Chef masqué est le mystérieux " Grand-frère Jacques ", son second est Jacques Sarment (" Jacquot la fripouille "), membre des Quinze (voir prologue).

Exemple de noms de quelques forbans qui sont infiltrés dans la milice : " frère Jacques l’éventreur ", " frère Jacques la menace ", " frère Jacques le gras "… Ces noms devraient bien faire rire les joueurs, mais s’ils sous-estiment ces PNJ, qui sont de dangereux scélérats, ils risquent d’y perdre leurs personnages…

  • Les "Echarpes vertes"

Bande de hauts nobles, d’anciens soldats & de ruffians, constituée par Mazarin. Leur chef est le violent Damien d’Orseac (http://bastion.free.fr/maison.htm#damien) L’écharpe verte est leur signe de reconnaissance et de ralliement. Ils sont restés sur place pour fomenter des troubles ; leur mission est militaire : ils doivent saboter les stocks de poudres et de canons des émeutiers. Ils ont aussi reçu l’ordre d’assassiner tout officier compétent n’ayant pas de parenté avec les Grands de l’armée frondeuse. Ils considèrent que la fin justifie les moyens et ne font pas dans la dentelle, mais ils sont loin d’être bêtes.

Leur quartier général est l’auberge "Au soleil de Rocroi" se trouvant dans rue neuve de Saint Merry près des Halles, dont le tenancier est tout acquis à la cause mazariniste.

Casting des Personnages Non Joueurs (par ordre d’apparition)

Le prince de Condé

Louis II de Bourbon, prince de Condé " le Grand " (28 ans). Il est jeune, il est beau, il est noble, honorable et courageux ; il était chef d’armée à 21 ans, il a volé de victoire en victoire pendant 7 ans, il a une autorité naturelle et est aimé de ses hommes. En deux mots, il est irrésistible … et cela le rend immensément orgueilleux. Le revers de la médaille, c’est qu’il n’est le champion des intrigues, se croit tout permis, méprise Mazarin ; irascible, tranchant et susceptible, il lasse les meilleures volontés..

Relation avec les PJ : tout les PJ masculins doivent être jaloux de lui ; toutes les PJ féminins doivent être amoureuses de lui.

Mazarin

(voir Prologue)

Da Fiume : Un franciscain de 45 ans, espion de Mazarin. "Savant" interdisciplinaire, élève de Francis Bacon. Astronome; alchimiste et spécialiste en poisons; mathématicien polyglotte et connaisseur en cryptage...

Le Marquis Etienne de Morlay
(voir Prologue)

Au début du siège, le Cardinal Mazarin l'a nommé capitaine au "Enghien dragon", il dirige deux cornettes de cavalerie (120 hommes en tout). Il a détourné une partie de l’équipement pour équiper " les épées du Christ ", ses hommes de main, qui sont une trentaine. Avec toute cette force de frappe sous ses ordres, et le brouillard de la guerre civile pour couvrir ses méfaits, il ne se sent plus, et en profite pour exécuter quelques protestants au passage.

Jean Faye : 40 ans. Fils de paysans, ex-séminariste. Cet homme toujours souriant a commencé comme faussaire, puis s’est tourné vers une passion moins dangereuse : le Théâtre, art de contrefaire la réalité (décors, costumes). Sa troupe n’a pas de protecteurs et ne mange pas tous les jours, alors il est obligé de reprendre ses bonnes vieilles habitudes.

Fabrizio Volterra, 60 ans. Petit homme sec, vêtu à la dernière mode, avec un collier arborant 8 pièces d’or romaines. Son visage fermé et ses yeux inquisiteurs ne laissent pas de doute : cet homme ne vous aime pas. Il n’aime que le bénéfice que vous pouvez lui apporter.

Banquier des princes de la Fronde. Originaire de Florence comme les Médicis. Prêteur et usurier à son temps perdu.

Il est très influent au sein de la Fronde car il possède dans sa chambre forte des reconnaissances de dettes de presque tous les Grands. C'était aussi un banquier de Mazarin, mais suite à une dispute portant sur sa nomination à un poste de maître des requêtes auprès du surintendant des finances, ils ne s'aiment plus. D’ailleurs certains documents compromettants sont aussi dans la chambre forte… Raisons de plus pour que Mazarin cherche à l'éliminer.

A l’heure actuelle, Volterra prête beaucoup d’argent. Les nobles restés dans la capitale n’avaient pas prévu que le roi allait s’enfuir et que son armée allait tenir un siège. Volterra profite de la situation en engrangeant tout ce qu’il peut. Sa cupidité est sans limite.

Il s’est entouré d’une garde " prétorienne " de 30 hommes qui lui obéit au doigt et à l’œil. Le chef de cette garde n’est autre qu’un ancien mousquetaire : de Coriâtre. Son hôtel particulier est une véritable forteresse.

A part jouer avec l’argent et abuser les gens désespérés, Volterra n’a qu’une passion : collectionner les pièces antiques.

Louis Emile de Coriâtre : 35 ans, bel homme, de stature imposante, les cheveux bruns volant au vent. Tête haute, la barbiche et la moustache soignée, la chemise entr’ouverte, composant une allure romantique.

Ancien cornette des mousquetaires du Roy, qui s’est trouvé sans emploi après le licenciement de la compagnie des mousquetaires du roi par Mazarin en 1646.

Si un des PJ faisait partie de cette compagnie, ils se reconnaîtront et De Coriâtre fera appel à ses sentiments anti-mazarinistes…

De Coriâtre a un peu brigandé, a fait du bagne, s'est enfui & est revenu dans la capitale. Actuellement il est le garde du corps du banquier Volterra. Fin tacticien, il sait se faire obéir, connaît bien Paris et les lieux d'éventuelles embuscades.

Adrien de Lursac: 50 ans. Jusque là il vivait une vie très pépère, maintenant il se lance dans la politique avec enthousiasme et lasse sa famille avec de grandiloquents discours.

Notable bourgeois, marchand de vin, ami des parlementaires. Il est difficile de le faire changer de camp : d’une part il n’aime pas les Italiens, leurs vins et leurs cardinaux ; d’autre part, il est très fier de sa nomination à la tête d’une compagnie de miliciens et sera fidèle aux Frondeurs jusqu’à la capitulation.

Il dirige peu sa compagnie ; il se contente de la passer en revue une fois par jour et de superviser les actions de ses lieutenants.

Mademoiselle Blanche de Saint André d’Escourme.
(voir prologue)

Son hôtel particulier a été détruit, son père adoptif est mort, elle loge actuellement chez les Lursac.
Malheureusement pour elle, son père adoptif, avait donné sous la pression son accord à son mariage avec le Marquis de Morlay.

François de Vendôme, Duc de Beaufort
(voir prologue)

En charge de la cavalerie des frondeurs.

Charles de Lorraine, duc d'Elboeuf (54 ans): Membre de la maison de Lorraine. Vétéran, Mestre de camp d'un régiment de cavalerie. Le duc d'Elboeuf a l'esprit de revanche face au pouvoir royal (il a été d'un des complots ratés de Gaston d'Orléans en 1631) & à la famille des Bourbons-Condé. Les échevins de l'hôtel de ville lui confient le commandement des milices parisiennes, qu’il partage avec le Prince de Conti qui est chargé par les parlementaires. Bien qu'il soit bon soldat, il est inexpérimenté en politique tout comme Conti.

Armand de Conti. 20 ans. Un homme sympathique et vif, mais qui se disperse assez vainement. A quitté une carrière ecclésiastique pour marcher dans les traces de son frère Condé, dont il est très jaloux. Entraîné chez les Frondeurs par sa soeur la duchesse de Longueville. Nommé général dans l’armée parlementaire.

Jacques Sarment & Jean de Survais
(voir prologue)

Jean Meunier: 43 ans, le crâne dégarni, un bandeau sur l’œil gauche. Après 6 ans de séminaire chez les jésuites, et des années de noyautage et de dénonciations de groupes jansénistes, est devenu Maître-espion au service du Duc de Beaufort. Membre des "Quinze". Il se découvre une vocation de Judas et sert plusieurs Grands à la fois, ce qui lui permet de toucher plusieurs fois ses 40 deniers...

Il s’est bâti un réseau d'informateurs en Paris : d’innombrables laquais, manouvriers et boutiquiers lui vendent leurs informations.

Jouez le comme un Gestapiste avant l’heure ; il raffole des rumeurs et des dénonciations, et ne lâche jamais sa proie. Ses questions sont des piégées et il est dificile d’y répondre sans se contredire. Quelques questions typiques pour tester la loyauté à la Fronde : "que pensez-vous de la déclaration des 27 articles ?"; "Pensez-vous que les intendants doivent être nommés ou qu’ils doivent acheter leurs charges ?", "avez-vous lu le dernier sermon du coadjuteur de Gondi ?" etc.

Sa satisfaction suprême est d’assister à l’arrestation de son gibier, qu’il viendra narguer (à distance raisonnable cependant).

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