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les "forces de l'ordre civiles" de Paris au 17ème siècle

Le guet et la milice

D'après Alfred FIERRO HISTOIRE ET DICTIONNAIRE DE PARIS collection BOUQUINS,
 édition Robert LAFFONT, PARIS 1996

Nos héros du 17ème devraient souvent se cogner dans les unités des forces de l'ordre - surtout s'ils jouent dans la campagne 20 ans après... Voici plus de détails 

Le guet de Paris

Organisation (au 18ème siècle), le guet royal est constitué de:
4 lieutenants,
8 exempts,
139 archers dont 39 à cheval,
4 tambours.

La nécessité d'assurer une certaine sécurité dans les rues de Paris, surtout la nuit, alors que l'absence d'éclairage public assurait pratiquement l'impunité aux voleurs et assassins, a contraint très tôt les autorités à organiser une garde armée chargée du maintien de l'ordre. Un édit de 595 de Clotaire Il ordonne que chaque cité du royaume franc possède un guet de nuit. 
Obligation désagréable et dangereuse pour les habitants de la ville, ce guet est dit "guet des métiers", car il est effectué la nuit par les représentants de chaque métier, à tour de rôle toutes les trois semaines.

Suffisant tant que Paris n'est qu'une petite ville, ce guet n'est plus en mesure d'assurer la sécurité dès que la cité prend de l'importance.
S'ajoute alors au guet des métiers, dit aussi guet bourgeois, guet assis ou guet dormant, parce que ses sentinelles sont installées à des postes fixes, un guet royal.
Le chevalier du guet, peut-être nommé à l'origine "gardien de la ville", est placé sous l'autorité du prévôt de Paris. Il exerce son autorité sur les deux guets. Il est notamment secondé par deux clercs du guet.
Il dispose de douze sergents, dits sergents de la douzaine, qui assurent le guet de jour, tandis que vingt autres sergents à pied et douze à cheval sont chargés du guet de nuit. Les sergents à cheval patrouillent de poste en poste et s'assurent que les hommes de garde sont bien à leur place. 
Les gens de métier sont répartis six par six entre ces postes : sur le pavé du Châtelet pour garder les prisonniers, autour du bâtiment pour empêcher les évasions, dans la cour du Palais pour veiller sur les reliques de la Sainte-Chapelle et la résidence du roi, près de l'église de la Madeleine dans la Cité, à la place aux Chats (impasse des Bourdonnais), devant la fontaine des Innocents, sous les piliers de la place de Grève, porte Baudoyer.

L'organisation du guet laissait fort à désirer et son efficacité semblait douteuse, ce qui explique les ordonnances de réorganisation prises par le roi au 14ème siècle, qui institue des concierges ou portiers dans chaque maison pour y assurer la sécurité. En 1461, le guet des métiers est doublé d'une garde bourgeoise appelée occasionnellement à la rescousse en période de troubles.
Peu satisfait de la garde bourgeoise et du guet assis, le roi les supprime en 1559, portant les effectifs du guet royal à deux cent quarante archers dont trente-deux à cheval, répartis en quatre compagnies. Le guet royal passe en 1563 à quatre cents fantassins et cent cavaliers. 

Faute d'argent, il est impossible de conserver de tels effectifs et il faut renforcer le guet royal par la milice bourgeoise, à raison de cent hommes requis par quartier. Des réformes incessantes, contradictoires et inefficaces, faute de moyens financiers, achèvent de désorganiser les forces du guet.

Une insécurité devenue proverbiale oblige le roi à réagir et à créer, en 1667, la lieutenance générale de police qui a la haute main sur la police parisienne, y compris le chevalier du guet. Dès 1666 ont été créées neuf brigades de cavalerie pour patrouiller dans les rues. En 1688, le guet est doté d'un uniforme.
Au 18ème siècle, le guet royal est constitué de 4 lieutenants, 8 exempts, 139 archers dont 39 à cheval, 4 tambours, tous constitués en offices.
La vénalité des charges a fait perdre au corps son peu d'efficacité et l'essentiel du maintien de l'ordre est assuré par la cavalerie créée en 1666. Formée d'anciens soldats, logés chez l'habitant, c'est une unité disciplinée et efficace dont les effectifs atteignent cent quarante-neuf hommes en 1750.

La milice

Outre le guet des métiers chargé du maintien de l'ordre la nuit, Paris possède une milice bourgeoise pour la défense de la ville contre les menaces extérieures. 
Quartiniers, cinquanteniers, dizainiers encadrent cette force armée qui n'entre en action qu'en période de crise. 

Le roi offre souvent le choix aux Parisiens entre le service armé dans le cadre de l'arrière-ban et le versement d'une contribution servant à entretenir une troupe armée. Les bourgeois de la ville préfèrent payer que risquer leur vie. Ainsi, en 1337, Paris accorde à Philippe VI une aide financière pour quatre cents hommes à cheval, mais cette aide est consentie sous réserve que "le commun des gens de la dicte ville " ne sera pas mobilisé. 

Louis XI ne renonce pourtant pas à tirer quelque secours militaire de ses bourgeois. En juin 1467, il supprime la milice bourgeoise par quartiers et la remplace par soixante et une bannières correspondant chacune à un métier ou un groupe de métiers. Tous les membres d'une corporation âgés de seize à soixante ans sont tenus d'en faire partie et de s'armer à leurs frais. Le 24 septembre 1467, le roi passe en revue, alignés sur plus de 4 kilomètres, au moins trente mille " testes armées ". De telles revues se renouvellent deux ou trois fois puis l'institution sombre dans l'oubli. Louis XII et François 1er créent aussi des "légions provinciales ", de faible valeur militaire, qui ne servent pratiquement à rien.

En 1562, alors que monte l'insécurité et la menace d'un conflit religieux, le roi décide de réformer la milice pour la rendre plus efficace. Elle est désormais commandée par des capitaines qui désignent des sergents-caporaux dans chaque dizaine. Ensuite la milice des quartiers est organisée en colonne sous les ordres d'un colonel et les habitants de la dizaine sont regroupés en compagnies sous des capitaines.
Très rarement convoquée au XVIIème siècle, jamais au siècle suivant, la milice tombe en désuétude de même que les compagnies bourgeoises mi-militaires mi-sportives.

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