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20 ans après - Campagne cape-et-épée sous la Fronde

Épisode 2 (avril-août 1649) - Perte de mémoires

Par Alfred Jensen et Rappar, avec l’aimable concours de Usher

(le télécharger en .doc zippé 36 Ko; en .doc simple 134 Ko
Attention: la version à télécharger est différente de la version en ligne; elle est plus à jour, plus détaillée et débuggée; nous vous la recommendons si vous comptez faire jouer ce scénario)

Présentation :

Ce scénario est le deuxième épisode d'une longue campagne se déroulant pendant la Fronde des Princes (1649-1652). Il est recommandé que le Maître de Jeu (MJ) jette un coup d'oeil à la présentation "rôliste" de cette période à la page http://bastion.free.fr/1650.htm.

Les spécifications sur les Personnages-Joueurs (PJ) ont étés indiqués dans le Prologue (http://bastion.free.fr/20aaprol.htm), que nous vous invitons fortement à faire jouer, d'autant plus que cet épisode de transition s'inscrit dans la continuité de la campagne entamée autour de Saint-Jean d'Oise, baron de Bougival, (Personnage-Joueur " star " devant être confié au joueur le plus motivé). Dans cet épisode, ce PJ devra assumer l'héritage, découvrir le passé de son père, et conquérir Blanche de Saint-André d'Escourme.

" Précédemment "

Notre PJ " star " (le baron de Bougival) a hérité de son père Jacques de Saint-Jean d'Oise l'appartenance à une organisation secrète, la confrérie de la Sainte-Rédemption (SR ; lisez sa description dans Organisations, sinon vous ne comprendrez rien). Son " parrain " dans la confrérie est l'ambitieux Etienne de Morlay (voir Casting). Mais Morlay et le PJ-Star s'affrontent pour les beaux yeux de Blanche de Saint-André d'Escourme. Morlay a tué Jacques de Saint-Jean d'Oise le 31 décembre 1648 (juste avant que débute la campagne), mais ne l'a évidemment pas dit à son " protégé ".

Tout le monde veut s'emparer des mémoires de Jacques de Saint-Jean d'Oise, et des révélations qu'elles contiennent.

Nos héros ont pour ennemi héréditaire le duc de Beaufort. Le 1er janvier, le duc a manipulé des émeutiers pour les envoyer piller sur l'hôtel particulier des Saint-Jean d'Oise (voir Prologue).

Les PJ se sont illustrés pendant le siège de Paris, côté royaliste. Ils ont étés richement récompensés et le baron de Bougival a été élevé au rang de vicomte. Peut-être que vos joueurs se sont trop mal débrouillés et que cette promotion n'a pas eu lieu. Pour notre part, nous ferons référence au PJ-star, le fils de Jacques de Saint Jean d'Oise, comme le VICOMTE de Bougival.

Chronologie historique :

En France :
Le 16 février les frondeurs sont défaits à Montlhéry, le 26 à Brie-Comte-Robert
Après une visite de la Longueville, Turenne ordonne à l'armée d'Allemagne de marcher sur Paris ; mais ses troupes, payées par Mazarin, ne suivent pas. Turenne se réfugie aux Provinces-Unies.
Du 4 au 11 mars, négociations avec les parlementaires
Du 15 mars au 1er Avril: deuxième session de négociations avec les frondeurs nobles. Paix de Rueil : amnistie. Tous les nobles frondeurs, sauf Beaufort et Gondi, viennent saluer la reine. Les Etats Généraux (promis le 4 janvier) sont renvoyés au 1er octobre, (ils seront ajournés par la suite).
Le 7 avril, l'armée espagnole - menée par un frondeur, le marquis de Noirmoutiers - envahit la Picardie.
Avril - Août: guerre contre les Pays - Bas espagnols en Champagne et Picardie. L'armée royale est obligée de lever le siège de Cambrai. Guerre contre les Espagnols en Catalogne.
Guerre du parlement d'Aix contre le comte d'Alais (gouverneur) et du parlement de Bordeaux contre le Duc d'Épernon. Mazarin rétablit l'ordre.

A la cour :
30 avril 1649. la Cour part à Compiègne
18 juin : affaire des " petits maîtres "

Chronologie des événements pour les personnages-joueurs
juin : les PJ sont dans l'incident des " petits maîtres " (acte 1)
23 Juin: les PJ sont au siège de Cambrai (acte 2)
10 juillet : Morlay demande à Mazarin de pouvoir épouser Blanche (acte 3). Le cardinal temporise
fin juillet : les PJ se font souffler les Mémoires (acte 4)
août : les PJ prennent un repos bien mérité.(épilogue)
Scénario.
Ambiance : vae victis.
Entre le 8 et le 15 avril, la famille d'Orléans retourne en Paris, et on peut supposer que le baron de Bougival récupère son hôtel particulier vers la même date. L'hôtel avait été réquisitionné par la milice parlementaire ; tout ce qui n'avait pas été pillé par l'émeute du 1er janvier l'a maintenant été, et les occupants n'ont pas particulièrement entretenu l'édifice. Les mois d'avril et de mai sont consacrés par le baron et ses amis à faire des travaux, racheter du mobilier.

A la fin de l'épisode 1, les PJ se retrouvaient élevés d'un rang pour les nobles et les militaires, propulsés dans les chevau-légers, les francs-tireurs mazarinistes, etc. Il faut mener un train de vie conforme à son rang et acheter son équipement.
Il faut aussi enregistrer les nominations. Par exemple, pour l'élévation d'un noble, la lettre d'anoblissement doit être visée par la Chambre des Comptes et enregistrée par le Parlement (prix : 1500 livres). Le Parlement n'étant pas pressé d'avaliser l'élévation d'un de ses adversaires, il faut engager des procédures coûteuses et graisser des pattes.

La vie sociale reprend ses droits, et les PJ sont invités à des fêtes données par les vainqueurs.

Durant ces fêtes, ils se lient d'amitié avec des nobles et des militaires favorables à Condé. Les promotions du vicomte de Bougival et de ses amis ne sont pas passées inaperçues des courtisans: les PJ sont invités à se joindre à une bande de 10-12 condéens qui écument fièrement la ville : les " Petits Maîtres ". Ce sont de jeunes nobles orgueilleux qui estiment avoir sauvé la monarchie en participant au siège de Paris. En font partie le duc de Candale, le comte de Bouteville, le marquis de Jarzé, le Fretoy, le seigneur de Fontrailles, Ruvigny et les commandeurs de Jars et de Souvré …

Le vicomte de Bougival apprend que l'émeute dont il fut l'objet pendant l'ouverture du testament de son père (voir Prologue) fut lancée par le duc de Beaufort.
Les moyens de l'apprendre sont :
· un ex-émeutier repenti qui vient se faire pardonner ou
· un ex-émeutier avide qui vient monnayer cette information ou
· un nouvel ami qui vient lui rapporter une déclaration de Beaufort, qui s'est vanté bien haut
· Etc.
En partie de test, les PJ ont soigné un émeutier qui se trouve être un de ceux qui les attaqué, et qui se repentira.

Même si Beaufort se fait discret, car il n'est pas encore pardonné, il est " intouchable ". Les PJ ne peuvent pas l'accuser sans preuve ou sur un témoignage d'un émeutier… et puis de toute façon il va être " pardonné " (amnistié).

Acte 1 : l'incident des Petits maîtres

Les Petits-Maîtres se montrent tous les jours dans les lieux publics, aux Cours de la Reine (à l'extrémité ouest des Tuileries), au Luxembourg et aux Tuileries ; de là, ils vont souper chez Renard, un fameux traiteur, et ils y boivent bruyamment, font jouer de la musique militaire, et trinquent à la santé du cardinal Mazarin.

Scène 1 : vendredi 18 juin au Cours de la Reine

Ce soir-là, la bande des Petits-maîtres à laquelle se sont joints les PJ rencontrent aux Cours les ducs de Beaufort, de Brissac et le maréchal de La Mothe-Houdancourt, accompagnés d'une douzaine de frondeurs qui suivent Beaufort en buvant ses paroles.

Voici le déroulement de l'affaire, sans intervention des PJ :

  • Phase 1 : Beaufort a la sagesse de se détourner, et de gagner une autre allée

  • Phase 2 : le marquis de Jarzé, qui a bien bu, s'écrie : " nos affaires marchent bien je crois, puisque le Roi des Halles nous cède le pavé, et détale devant nous ! ". Les Petits Maîtres s'esclaffent.

  • Phase 3 : Ces propos sont rapportés à Beaufort. Il est furieux et rassemble une trentaine de frondeurs. Ils font une descente aux Tuileries, chez Renard, où dînent les Petits Maîtres. A son entrée dans la salle, un grand silence se fait. Beaufort demande, l'air de s'étonner de ce silence, où sont les violons.

- " Des violons ", lui répartit fièrement le marquis de Jarzé, " il n'y en a point, et surtout pour vous ". (Si un PJ a une meilleure répartie, que le MJ le laisse la placer)
- " S'il y en avait eu ", dit le Duc en regardant Jarzé, " je les aurais cassés sur la tête de quelqu'un d'ici ". Il tire la nappe, et renverse tout ce qu'il y a sur la table.
Tout le monde se jette sur son épée, prêt à en découdre (11 Petits Maîtres, PJ compris, contre 35 frondeurs).
Le maréchal de La Mothe, se précipite au milieu des combattants et les empêche de tomber dans l'illégalité (les duels sont interdits, faut-il le rappeler).
Le duc de Beaufort se calme un peu : " A vous, Monsieur le duc de Candale, et vous monsieur le comte de Bouteville, je vous présente mes excuses pour ce désagrément. Je vous jure que, sans les égards que je conserve pour des gens de vos qualités, Jarzé et les autres (regard appuyé aux PJ) auraient éprouvé jusqu'où allait le ressentiment d'un (il rugit) Roi des Halles !!!"

Les PJ vont probablement vouloir voler dans les plumes de Beaufort. Cependant, rappelez aux joueurs que les duels sont punis de mort. Avec tant de témoins, l'endroit n'est pas propice aux règlements de comptes… On peut toujours convenir de se revoir…

  • Phase 4 : Les parties conviennent de se battre un autre jour, mais hors de Paris, où Beaufort a le soutien populaire, et ses adversaires peuvent " craindre d'être assommés même par les harengères [les vendeuses de harengs]". Et on se sépare là, sur force menaces verbales.

Si les PJ ont l'occasion de s'entretenir avec Beaufort, maintenant ou plus tard :

o Sur son rôle dans l'émeute de l'hôtel des Saint-Jean d'Oise : Beaufort nie effrontément. Les émeutiers sont par nature incontrôlables, comment aurait-il pu les orienter? Oui, il est possible qu'il ait mentionné Saint-Jean d'Oise dans un de ses discours, en tant qu'ami de Mazarin. C'était faux peut-être ?

o Sur la présence d'assassins parmi les émeutiers: Beaufort déclare ne rien savoir, mais n'est pas étonné. Certains émeutiers étaient armés de mousquets, et alors ? Des miliciens avaient rejoint les émeutiers, qui avaient aussi pillé des armureries, cela ne prouve rien.

o Sur ses ressentiments envers les Saint-Jean d'Oise : Beaufort reconnaîtra ne pas porter Jacques de Saint-Jean d'Oise dans son cœur, mais pas au point de le tuer. S'il avait encore de l'animosité à son égard, il l'aurait provoqué en duel honorable. C'est indigne de l'accuser de tant de bassesse (Beaufort prend l'air outragé d'un innocent injustement calomnié).

o Sur la mort de Jacques de Saint-Jean d'Oise le 31 décembre. Il nie être celui qui a tué Saint-Jean d'Oise. S'il l'était, il en aurait informé le fils de son infortuné adversaire : tuer quelqu'un en duel n'a rien de déshonorant. Mais le 31 décembre, Beaufort avait mieux à faire, " si vous voyez ce que je veux dire ", étant en meilleure compagnie " vous voyez ce que je veux dire ", certaines femmes ne souhaitant pas se séparer de lui " vous voyez certainement ce que je veux dire ".

o L'alibi de Beaufort pourrait être vérifié, quoi que difficilement : il ne révélera pas le nom de la personne avec qui il était, c'est un gentilhomme, voyons ! Il était toute la journée avec madame de Montbazon.
Beaufort proposera une trêve à Bougival. Et il est sincère… pour un certain temps : il tente de diminuer le nombre de ses ennemis. En ce qui concerne Bougival, il a obtenu sa vengeance : Jacques de Saint-Jean d'Oise est mort, et sa famille est ruinée. Quand il reviendra en position forte, il rompra la trêve et se vengera de l'humiliation que les PJ lui ont fait subir dans le Prologue.
· Beaufort refusera les duels avec toute personne de rang inférieur au sien (et il est duc). Il se voit un destin beaucoup plus élevé que tué en duel.

Scène 2 : conséquences.

L'affaire fait grand bruit. Le duc de Candale demande aux PJ de se tenir prêts, et organise une parade martiale samedi 19 juin aux Tuileries, sans toutefois rencontrer personne.

Dimanche 20 juin au soir, c'est le tour du duc de Beaufort, accompagné de force monde, à cheval et en carrosse, ayant leurs pistolets aux selles, tout prêts et attendant au milieu du Cours.
En fait les ducs de Candale et de Beaufort n'ont plus vraiment envie de se battre, mais ils essayent de ne pas perdre la face.
Il se murmure que tous les protagonistes vont être arrêtés par Mazarin, soit préventivement, soit en flagrant délit lors de leur duel. Le peuple parisien invente une chanson que vos joueurs devraient apprécier:

Il deviendra grand potentat
Par ses actions mémorables,
Ce duc dont on fait tant d'état ;
Il deviendra grand potentat,
S'il sait renverser un état
Comme il renverse bien les tables ;
Il deviendra grand potentat
Par ses actions mémorables.

Scène 3 : " au vert "

Les PJ reçoivent un message de Mazarin : il leur demande de se mettre en route immédiatement pour Cambrai, que le comte d'Harcourt assiège. Ils doivent lui porter une missive et se placer sous ses ordres.
Il est évident que Mazarin met ses fidèles PJ à l'abri des poursuites et du " clan Beaufort ".

Fin de l'acte : Peu de jours après, tout le monde se réconcilie avec l'assistance de Gaston d'Orléans. On est passé à côté d'un massacre de la noblesse, qui aurait débarrassé Mazarin de bien des gêneurs.

Acte 2 : les bêtises sont autorisées à Cambrai

Cambrai-Paris représentent 50 lieues (200 kilomètres). En se pressant et en changeant de cheval aux relais, les PJ font la distance en moins de 3 jours, du 21 juin au 23 juin. Il fait agréablement chaud, et les journées sont très longues.

Scène 1 : 23 juin.

Les PJ arrivent alors que le comte d'Harcourt investit la ville. Seule la citadelle résiste encore.
Les PJ militaires ont peu de chances de s'illustrer et doivent se mordre les doigts d'arriver un jour trop tard.

Ils donnent la lettre de Mazarin au comte d'Harcourt. Harcourt la parcourt rapidement puis la déchire furieusement : " C'est une basse vengeance de l'Italien, Messieurs ! Le Cardinal m'a envoyé assiéger cette forte avec une armée d'une taille ridicule, qui manque d'équipement, avec pour mission d'assiéger une place de cette considération, une des meilleures de la frontière, et où l'ennemi a une forte garnison. Et maintenant il m'écrit qu'il ne peut m'envoyer de renforts ! Je croyais qu'il avait quelque intelligence dans la place pour m'ouvrir les portes, mais ce n'est même pas le cas. Cet intriguant préfère affaiblir la noblesse de France, au risque de perdre une guerre ! VOYEZ QUI VOUS SERVEZ ! "

Harcourt se méfie des PJ et les assigne dans des quartiers militaires autour de la ville. Il les fait chaperonner par Garnier, un vieux mais perspicace maréchal des logis.
Il n'y a rien de plus ennuyeux qu'un siège : il suffit d'attendre que les assiégés se rendent ou fassent une sortie. Harcourt se garde de donner des missions aux PJ et les jours s'écoulent lentement, à jouer aux dés.
- Des PJ bons cavaliers peuvent se porter volontaires pour êtres éclaireurs. Ceux qui réussissent leurs tests d'équitation, discrétion, (orientation, art militaire, etc.) peuvent voir se rapprocher une forte armée espagnole.

Scène 2 : vendredi 2 juillet

Des unités de tercios espagnols commandés par le comte de Fuensaldana, gouverneur général des Pays-Bas, sont signalées un peu partout.
Le 2 juillet, à l'autre extrémité du siège, les Espagnols chargent et font rentrer des renforts dans la place-forte.
Harcourt décide de lever le siège. Soldats et auxiliaires font précipitamment leurs bagages, abandonnant aux espagnols ce qui n'est pas nécessaire. L'après-midi, alors que les PJ, assignés à l'arrière-garde, sont encore en train d'aider à charger des chariots, un escadron avancé de la cavalerie espagnole déboule sur leurs campements. Attention, les phases suivantes vont se passer très rapidement : les personnages vivent ce qui suit en 1 heure. Le MJ devra mettre la pression et bousculer les joueurs.

  • Phase 1 (15 minutes): les cavaliers espagnols surgissent du flanc droit, traversent le camp dans un sens puis dans l'autre en faisant feu de leurs pistolets, semant la panique, mettant le feu à tout ce qui brûle. Il y a de la fumée partout et on ne sent que l'odeur de la poudre.
    Les PJ qui ne perdent pas leur sang-froid ont l'occasion de faire un peu de tir sur cible mobile.

  • Phase 2 (20 minutes): on entend des roulements de tambours, et une ligne d'infanterie espagnole apparaît sur la colline sur le flanc gauche. Infanterie à gauche, cavalerie à droite, dépassés par le nombre, les PJ sont encerclés au milieu de ruines, de tentes incendiées et de blessés… Les coups de feu éclatent dans toutes les directions, les balles perdues sifflent et Garnier (leur chaperon) tombe.

    Si les PJ essayent de s'enfuir à cheval, ils sont pris en chasse par un demi-escadron de cavalerie espagnole (30 hommes). Arrive un moment où les PJ, perdus et obligés de faire plusieurs fois demi-tour, se retrouvent coincés dans une vallée…

    Si les PJ restent sur place, l'infanterie espagnole avance. Le campement de tentes n'est pas propice à une défense type " Fort Alamo " et les Espagnols s'infiltrent partout, faisant de nombreux morts. Pire, ils installent un canon qui emporte les tentes voisines et fauche quelques corps désarticulés.

  • Phase 3 (15 minutes) : tandis la redoutable infanterie espagnole avance en rangs serrés, l'ennemi appelle les survivants de l'arrière-garde française à se rendre. Dilemme pour les PJ, à court de munitions.
    Le tout alors qu'il est impossible de faire durer le combat jusqu'à la nuit pour passer entre les lignes espagnoles. A cette époque, le soleil se couche désespérément tard…

  • Phase 4 (10 minutes): La cavalerie : les dragons de Morlay, eux aussi en arrière-garde, observaient la scène et se sont positionnés. Les deux cornettes (deux fois 60 cavaliers) chargent les Espagnols, les prenant par surprise, et les culbutent. Des PJ observateurs ou bons tacticiens s'aperçoivent de la chose suivante : à l'inverse de toutes les fois où ils sont vu les soldats de Morlay en action, ils épargnent les blessés et les traitent bien, et évitent les massacres. Morlay y veille personnellement.

    Les PJ peuvent rejoindre les Dragons, puis l'armée en retraite.
    " Vous me devez une vie ! " annonce un Morlay ravi aux PJ et à Bougival.

Acte 3 : chagrin d'amour

Scène 1 : en chemin

Le retour à Paris prend 7 jours, et prendra 10 jours voire plus aux chariots et aux blessés.
Morlay en profite pour sonder Bougival et les autres PJ sur leurs convictions religieuses. Peu importe ce que répondent les PJ, Morlay est sur un nuage et il interprétera les réponses dans son sens. Il commence à " briefer " Bougival sur la S&R. Bougival, croit-il, lui doit une faveur et n'est plus un obstacle.

Note au MJ : C'est l'occasion pour les joueurs d'engranger un maximum d'informations sur feu le baron Jacques, Morlay, la Sainte-Rédemption… et de prendre conscience du guêpier dans lesquels ils se sont avancés.

  • Morlay rappelle qu'il était un grand ami du défunt baron.

  • Morlay annonce son intention de demander la main de Blanche à la Reine. Vu ses glorieux faits d'armes (il a remporté la seule victoire française de cette journée) et sa haute naissance, elle devrait lui être accordée.

  • Morlay se doute que Bougival a aussi des vues sur Blanche, mais il lui explique que Blanche ira au plus titré et au plus glorieux : lui-même. De plus, Bougival lui doit la vie.

  • Pour consoler l'amant dépité, Morlay affirme qu'il parrainera Bougival (" le fils de mon ami très cher ") au niveau le plus élevé dans la Confrérie de la S&R " une association de gens très bien nés, qui pèse sur la politique de la France ", en prenant la suite de son défunt père. Il assure que les autres membres de la Confrérie pourront obtenir à Bougival titres, rangs, grades, possessions, et destin illustre.

  • Morlay refusera un duel pour départager les soupirants de Blanche. (Eh oh, il est en position gagnante, il ne va pas risquer sa vie !)

  • Les autres PJ ont aussi droit à des propositions : places dans les " épées du Christ ", places d'intendants chez des nobles membres de la confrérie, promotions dans l'Eglise, etc. (Morlay essaye de libérer la voie de tous ces gêneurs potentiels).

  • Morlay somme Bougival, comme preuve de son envie de rentrer dans la Confrérie, de lui remettre tous les documents de son père concernant la Confrérie, et particulièrement son journal ou tout autre document codé (référence subtile aux mémoires)

  • Toute tentative de se débarrasser de Morlay est vouée à l'échec, nous rappelons qu'il a 150 hommes sous ses ordres : les deux cornettes + sa garde rapprochée, " les Epées du Christ "…

Scène 2 : bans à la cour

Arrivé à Paris, un Morlay exultant se rend sans tarder au Palais Royal et demande la main de Blanche à la Reine.

- Mazarin convoque les PJ et les " cuisine ". Il avait bien entendu aussi envoyé Bougival et sa troupe chez Harcourt dans le but d'espionner Morlay. Il sera très intéressé par tout ce que lui diront les PJ sur la S&R.
Du coup, se méfiant de Morlay et tenant à rendre service à son protégé Bougival, Mazarin s'arrange pour que la reine fasse traîner l'affaire. Morlay et ses dragons sont assignés en Alsace, ce qui le fait repousser le mariage en décembre. Qu'est-ce qui peut mal tourner maintenant ?

- Si les PJ rencontrent Blanche : Blanche ne désire pas se marier avec Morlay. Elle laisse entendre qu'elle n'est pas indifférente à Bougival, mais que peut-elle, orpheline, sous tutelle, face à un marquis auréolé de gloire ? Si la Reine lui ordonne de se marier avec Morlay, elle devra le faire.

Rien de notable pour les PJ ne se passe avant le 25 juillet. Les PJ passent leur temps entre les fêtes galantes et le repos " au vert " à Bougival.

Pendant ce temps… Morlay se rend à une réunion de la SR, au cours de laquelle il évoque la possibilité de recruter le jeune Bougival à la suite de son père dans le cercle des Apôtres. Gondi alias " Saint-Pierre " s'y oppose en évoquant le risque entraîné par l'existence des mémoires. De Morlay temporise : il pense pouvoir convaincre Bougival de livrer les mémoires.
Les jours passent, Gondi s'impatiente et se méfie de l'ambitieux marquis. Il charge secrètement la cousine de Morlay (Charlotte de Lègues) de se joindre aux PJ pour voler les mémoires.

Acte 4 : Les mémoires s'échappent

Ah ces fameuses mémoires. C'est le testament de Jacques de Saint-Jean d'Oise ; il reconnaît ses fautes, raconte les crimes de la Confrérie et en décrit méticuleusement les membres. Ceux qui mettraient la main dessus, pourraient utiliser les révélations qu'elles renferment pour faire chanter les puissants. Bref, c'est une bombe. Notre PJ-Star de son côté, pourrait y trouver la vérité sur la vie de son père.

Les mémoires se présentent sous forme d'un livre usé, aux pages couvertes d'écritures serrées et de ratures, accompagné de quelques signes ésotériques. Le texte est en latin, codé. La clé du code est dans un recueil de poésie de Du Bellay : " les Regrets ".

Le but de cet acte est d'informer les joueurs de l'existence des mémoires et de leur importance, afin qu'eux aussi se mettent à la poursuite des mémoires.

Scène 1 : La lettre de Clérac

Nous sommes le matin du dimanche 25 juillet 1649. Il fait beau, les oiseaux chantent, tout dans la nature invite à la promenade et à la galanterie. Henri, le fidèle intendant des Bougival, remet au vicomte une lettre qu'un coursier vient de lui remettre.

Aide de jeu à découper n°1: (Police : Bradley Hand ITC)

La lettre de Clérac :

Monsieur le baron de Bougival.

Je suis Georges de Clérac, et j'étais frère d'armes de feu votre père Jacques de Saint-Jean d'Oise. Je vous prie de me pardonner de ne vous contacter que maintenant. Je voulais, Monsieur, vous épargner d'hériter de la peine de votre père. J'aurais préféré que vous gardiez la bonne opinion que vous avez de lui. Mais je crois que la Providence a porté sur votre tête le poids de ses péchés, et qu'il vous faut à présent apprendre la vérité.

Je vous prie de passer à mon école d'escrime se trouvant dans le quartier de Saint Séverin, rue de la Parcheminerie. Je vous y remettrai un objet très précieux qui vous revient de droit et qui devrait tout vous révéler sur celui qui fut mon protecteur.

Votre dévoué serviteur
Georges Clérac

Mais que se passe-t-il ?
Entrevoyant son sort funeste, Jacques de Saint-Jean d'Oise avait confié ses mémoires à Clérac, qui les a caché dans son école d'escrime. Or, Clérac savait qu'il apparaît dans ces mémoires en tant que membre de la SR. Depuis plusieurs mois, le dilemme se posait pour Clérac : s'il donnait les mémoires, il révélait son appartenance à la SR, et se rendait complice de trahison ; s'il les gardait, les problèmes pleuvaient sur le fils de son ami sans qu'il n'y comprenne rien. Mais il s'est senti espionné et s'est enfin décidé à accomplir la volonté de Jacques de Saint-Jean d'Oise.

Scène 2 : l'école d'escrime

Les PJ arrivent à l'école d'escrime. Il s'agit d'une sorte de grange réaménagée, avec un étage. Le rez-de-chaussée est la salle d'escrime proprement dite avec les mannequins d'entraînements, le râtelier d'armes mouchetées, les pourpoints & les masques de cuir. C'est une école d'escrime sérieuse, qui ne fait pas fonction de taverne. Au fond une porte mène aux vestiaires et à une salle d'eau. Une autre porte mène à l'escalier qui monte sous les combles. A l'étage, la chambre de Clérac, dénuée de tout luxe.
C'est dimanche, l'école est fermée, mais la porte d'entrée n'est pas verrouillée. Personne ne répond.

Les PJ rentrent et trouvent Clérac dans la petite chambre du haut. Il est grièvement blessé, sans connaissance, et toute la pièce a été mise à sac. La petite fenêtre est ouverte.

Mais que se passe-t-il ? Henri, le fidèle intendant des Bougival, a lu la missive de Clérac un jour avant de la remettre aux PJ. Henri a prévenu Meunier, de la bande des " Jacques ", qui a rassemblé des hommes pour voler les mémoires. Les brigands se sont introduits nuitamment chez Clérac, l'ont surpris, maîtrisé et battu. Puis Meunier, les mémoires dans la poche, est retourné préparer une souricière, afin d'éliminer les autres chercheurs des mémoires.

Pendant que les PJ se penchent sur Clérac ou à la fenêtre, une furie déboule, donne un coup du pommeau de l'épée sur la tête du PJ qui tourne le dos à la porte, et pointe la pointe de l'épée sur la gorge des autres. " Assassins ! Qu'avez-vous fait !? " crie la femme habillée en homme qui vient ainsi de faire son entrée : Charlotte de Lègues.

Mais que se passe-t-il ? Revenons en arrière : Charlotte était chargée de se joindre aux PJ. Depuis la veille au soir, Charlotte dansait d'un pied sur l'autre devant la maison du Vicomte de Bougival, en se demandant de quelle façon prendre contact. Elle vit les PJ sortir et les suivit (aucune chance de la repérer, truquez les dés si nécessaire). Quelle ne fut pas la surprise de Charlotte de voir les PJ entrer chez Clérac, chez qui elle vient régulièrement s'entraîner à l'escrime ! Inquiète, elle les a suivi aussi dans l'école. Elle a entr'aperçu le corps de Clérac et s'est imaginé que les PJ viennent de lui faire un mauvais sort. Son sang n'a fait qu'un tour et elle s'est jetée sur ceux qu'elle est censée infiltrer…

Le quiproquo dure assez longtemps pour que les talents de Charlotte à l'épée donnent du fil à retordre aux PJ, et notamment à un PJ soigneusement choisi par le MJ, vite désarmé et marqué au bras, …

Attention, ce PJ ne doit pas être Bougival ! Blanche est pour Bougival. Charlotte est pour vous MJ, le moyen de récompenser votre deuxième joueur le plus actif, celui qui râle parce qu'il n'y en a que pour le joueur de Bougival, " …et que c'est lui qui a toutes les récompenses et les nanas, etc. "

Charlotte se bat avec fougue et technique, mais idéalement, truquez les dés, personne ne doit être grièvement blessé. Au besoin, Clérac reprend conscience, reconnaît Charlotte et Bougival, et dissipe le malentendu.
Les PJ remarquent que Charlotte a à la main une bague en argent marquée des initiales S&R (celle de Bougival est en or).
Clérac explique qu'il a été surpris dans son sommeil. Les mémoires étaient sur sa table, prêtes à être rendues à Bougival…

En fouillant la pièce, les PJ retrouvent un brouillon de lettre (non datée), tombé des mémoires, que Jacques de Saint-Jean d'Oise (St-Mathias) avait écrit à Joseph de Morlay (Saint Jean).

Aide de jeu à découper n°2 : (Police : Bradley Hand ITC)

La lettre de Saint-Matthias à Saint-Jean

Vous aurez beau affirmer, Saint-Jean, que les meurtreries que nous avons commises sont pour la gloire Divine ; que nous ne faisions qu'obéir aux décisions des Apôtres. Pour ma part, je ne peux dormir ; je revois dans mes cauchemars les corps de ces dizaines de femmes et d'enfants, et résonnent encore à mes oreilles leurs hurlements de désespoir lorsque nous avons enfoncé nos lames dans leurs corps faméliques. Je les revois se sauver comme des lapins dans toutes les directions, et nous leurs courrions sus en riant… Et vous, votre conscience vous tenaille-t-elle encore? Ne venez pas me dire que nous avons abrégé leurs souffrances, ou que nous avons agi pour la grandeur de la Foi Romaine, Dieu et le Royaume! Ce ne sont que des excuses derrière lesquelles s'abritent ceux qui ne peuvent admettre qu'ils ont commis eux-mêmes leurs crimes, et ont besoin d'être couverts par les discours lénifiants de Saint-Pierre et l'absolution du vicaire Fabien.

Vous êtes un vieil ami, Saint-Jean, et vous me permettrez de vous ouvrir franchement mon cœur : nous avons perdu nos idéaux de pureté dans ces instants sanguinaires et profité matériellement de la victoire pour assurer l'avenir de nos fils. Mais au prix de nos âmes éternelles. Cependant l'une de mes actions, miséricordieuse, me réchauffe le cœur. Je vous en dirai plus de vive voix car ils pourroient le considérer comme une trahison.

Jacques de Saint-Jean d'Oise avait commencé cette lettre peu après le massacre de la Rochelle (voir Prologue pour son rôle, et Organisations : la Sainte-Rédemption), et avait finalement décidé de ne pas envoyer cette lettre. De tels écrits lui auraient valu l'accusation de trahison de la part de la SR, et auraient révélé l'existence de Blanche…

Cette lettre constitue la moitié des indices qui permettront aux personnages d'élucider les origines de Blanche et de connaître la vérité sur le massacre des protestants. Normalement, les personnages connaissent maintenant l'existence d'un témoin (le vicaire Fabien), mais ils ne savent ni où ni quand il est intervenu.

Ces informations complémentaires seront données bien plus tard… par Etienne de Morlay !
Le but de la rétention de ces informations est de ne lancer les PJ sur la route de la Rochelle que lors d'un épisode futur.

Scène 3 : l'heure de la sortie, c'est toujours le meilleur moment de la journée

A la sortie de l'école, les PJ et Charlotte vont se faire agresser par les " Jacques ", les bandits habillés tout de noir de Meunier.

Attention, cette scène est le point culminant de l'épisode. Les Jacques ont tendu un traquenard au PJ, et ils veulent les tuer. Ce combat doit être désespéré, cela montrera aux joueur la valeur des mémoires. Le MJ devra montrer que le combat est mortel. Par ex., Clérac peut mourir en sauvant la vie de Bougival.

Heureusement pour les PJ, Meunier n'a pas pu rassembler toute sa bande : il n'y a " que " deux fois plus de " Jacques " que de PJ. Les Jacques se sont séparés en deux, la moitié surveillant la fenêtre de la chambre et l'autre moitié la porte de l'école.

Quelques surnoms de forbans pour personnaliser un peu les adversaires : frère Jacques l'éventreur (très sanglant!), frère Jacques la menace (profère des menaces tout en combattant), Jacques Coucou (pickpocket), Jacques Master (il a une épée à deux mains), Jacques Six Dents (il lui manque 26 dents), Jacques LaChique (il mâchonne continuellement), Jacques Master (il a une épée à deux mains) … Ces noms devraient bien faire rire les joueurs, mais s'ils sous-estiment ces PNJ, qui sont de dangereux scélérats, ils risquent d'y perdre leurs personnages…

Enfin, " Le Grand-Frère Jacques " et " Jacques le Gras " restent en arrière sans combattre. Ils ont chacun deux pistolets chargés qui leur serviront 1- à couvrir la retraite du Grand-Frère Jacques et 2- à couvrir la retraite des autres bandits.

Si les PJ ne prennent pas de précautions à la sortie de l'école, ils font un test de perception, sixième sens, embuscade, etc. afin de repérer quelque chose. Sinon ils sont complètement surpris et ne peuvent agir le premier round.

  • Round 1 : Les Jacques qui ont des pistolets font feu sur les PJ.

  • Round 2 : Les Jacques attendent derrière des caisses, des tonneaux et d'autres obstacles que les PJ viennent à eux. Evidemment, dés que les PJ approchent, ils font tomber/rouler les obstacles sur les PJ, afin d'éviter de venir au contact.

  • Round 3 : prévenus par les détonations, les autres Jacques rappliquent et tirent sur nos héros, de préférence sur ceux qui ne sont pas au contact.

  • Round 4 : tous les Jacques survivants viennent au contact. Mêlée générale.
    Charlotte se bat du côté des PJ. Joignez-leur Clérac s'ils ne sont pas assez bons combattants.

Lorsque les Jacques ont perdu la moitié de leur effectif, ils font une retraite ordonnée, protégés par Meunier et Jacques Le Gras.
Dans tous les cas, Meunier réussit à s'enfuir, non sans être reconnu par les PJ qu'il aurait arrêté dans l'épisode 1, le cas échéant.

Interrogatoire d'éventuels Jacques prisonniers
Les PJ peuvent interroger d'éventuels prisonniers, pas forcément en les torturant, mais aussi en négociant : la liberté contre des informations.

Les informations que les Jacques prisonniers peuvent donner :
· " Grand-frère Jacques " (il ne lui connaissent pas d'autre nom) a été informé par une source non-communiquée, de la présence des mémoires chez Clérac. Il les a en sa possession maintenant, et il veut se débarrasser des autres personnes qui recherchent les mémoires.

· Les Jacques prisonniers peuvent donner quelques information sur le fonctionnement de la bande (voir Organisations). Ce qu'ils en perçoivent, c'est une organisation implacable, complètement cloisonnée.

· Expressément interrogés sur l'affaire de la mort de Saint-André d'Escourme, l'un des Jacques révèle qu'ils avaient pour mission de les assassiner et de trouver les mémoires. Le commanditaire est inconnu.

Remis à la prévôté, les brigands Jacques subiront le destin qu'ils méritent (écartelés en place de Grêve).

Entretien avec Clérac (s'il n'est pas mort)
Clérac, s'il n'est pas mort, se rend compte qu'il a failli pour la deuxième fois à sa mission : non seulement il n'a pas remis les mémoires au fils Bougival, mais il vient de se les faire voler ! Il en devient rouge de honte, se tord les mains et se frappe la poitrine de désespoir.

Clérac, pourra être amené à raconter ce qu'il sait sur la Sainte-Rédemption (pas grand-chose, et aucune identité d'Apôtre), ce qu'il veut bien dire sur Jacques de Saint-Jean d'Oise (qu'il n'a connu qu'à partir de 1642, c'est-à-dire après que Jacques se soit modéré), et sur les mémoires.

- Interrogé sur les circonstances de la mort du baron Jacques de Bougival : " Hélas, feu Monsieur le baron de Bougival m'avais remis ces documents le soir du 30 décembre 1648, avec l'ordre de les remettre à son fils au cas où 'son duel ne tournerait pas comme prévu' . Hélas, feu Monsieur le baron n'avait pas voulu que je fusse son témoin. Malheur, ah si seulement il m'avait laissé l'accompagner ! Il serait toujours vivant ! ". (…et les lamentations se poursuivent)

S'il est blessé, le pauvre Clérac se retrouvera paralytique. Ce serait bien chrétien de la part des PJ de le recueillir. Il pourra toujours leur enseigner la botte Gasconne (http://bastion.free.fr/bottes2.htm) et surveiller la domesticité de Bougival…

Charlotte
Charlotte explique qu'elle passait par là, et voulait saluer son maître d'escrime.
Elle est aussi furieuse que les PJ de s'être fait souffler les mémoires. Elle décide de rester avec eux, en se disant que s'ils remettent la main sur les mémoires, elle les leur prendra.
Pour justifier le fait qu'elle reste avec les PJ : elle a combattu les Jacques avec eux et se retrouve dés lors sur leur liste noire. Elle va se laisser courtiser par un des PJ. Et elle inventera n'importe quoi pour coller aux basques des PJ (y compris d'imaginaires attentats des Jacques contre elle).

Épilogue : les aoûtiens

Les PJ prennent un repos bien mérité au mois d'août.
Ce sont les moissons, tous les paysans s'activent aux champs. Le vicomte doit aller surveiller ses paysans, et le percepteur vient percevoir les impôts du domaine, et l'église sa dîme. Il y a aussi des fêtes chez les nobles, et des chasses.
Pendant ce temps, l'intensité de la guerre et de la Fronde provinciale diminue.

Bilan de l'épisode : les PJ ont eu une occasion de conclure une trêve avec Beaufort. Ils ont vu, impuissants, Morlay avancer ses pions. Ils ont appris l'existence des mémoires, pour se les faire voler à quelques minutes près. Mais ils ont recueilli quelques éléments sur les organisations qui les persécutent..

C'est le moment où le MJ peut distribuer les points d'expérience, et où les joueurs peuvent les dépenser, entraîner les personnages, etc.

Organisations

La Confrérie de la Sainte Rédemption

Histoire : la Confrérie fut fondée en 1561 par Gaspard de Saulx, maréchal de Tavannes, en même temps qu'il fondait plusieurs confréries catholiques (les confréries du Saint-Esprit) en Bourgogne.

Elle subit diverses transformations pendant les années qui suivent, mais ses principes sont fixés : les membres du premier cercle sont nobles ou ecclésiastiques, la succession est dynastique mais soumise à approbation.

1572 : participation active de la Confrérie aux massacres de la Saint-barthélemy.
Jean de Saulx-Tavannes, également ligueur, prend la succession de son père à la tête de la Confrérie et en fige l'idéologie, restant un opposant actif pendant les règnes d'Henri IV et de Louis XIII.

A partir de 1595, Henri IV soumet ses ennemis et se rallie ses opposants en leur offrant des postes importants; la confrérie rentre en sommeil.

1610 : la Confrérie est réactivée sous la régence de Marie de Médicis et se remplit de militaires qui luttent contre les protestants.

1629 : les membres les plus sanguinaires de la Confrérie s'en donnent à cœur joie en massacrant des protestants à La Rochelle. Jacques de Saint-Jean d'Oise en est dégoûté et se met en retrait. Richelieu s'inquiète de l'existence de la Confrérie, qui se fait du coup plus discrète, ralentit ses activités et devient complètement souterraine.

1649 : 20 ans après La Rochelle, 88 ans après sa fondation, 4 générations se sont succédées dans la Confrérie. Les motivations religieuses ne sont plus que secondaires. Ses membres s'occupent avant tout de leurs intérêts, et luttent les uns contre les autres. Morlay cherche à contrôler l'organisation, que lui abandonnent les membres les plus vieux, pour la mettre au service des ambitions. Gondi veut empêcher cela et la mettre au service des Frondeurs.
La Fronde (et les PJ !) va donner le coup de grâce à la Confrérie, qui éclatera. Sa fin est programmée pour début 1652, lorsque Gondi se ralliera à Mazarin.

Idéologie : la confrérie est ultra-catholique, et s'estime au-dessus des lois. Ses membres sont également convaincus de la supériorité raciale de la vieille noblesse.

Objectif initial: Sa " mission sacrée " est de faire révoquer l'Edit de Nantes & d'éliminer toute présence protestante du Royaume de France.
Objectif actuel : obtenir plus de pouvoir pour la noblesse catholique.

Moyens : Ses membres utilisent tous les moyens possibles pour parvenir à leur objectif. Ils ont noyauté les rangs du pouvoir et détournent sans vergogne les moyens de leur fonction.
Moyens militaires : la confrérie finance les hommes de mains de Morlay : " les épées du Christ ". Une trentaine de brigands, anciens soldats, mousquetaires, etc. Fervents catholiques, et totalement dévoués à la cause. Ces hommes de mains passaient parfois s'entraîner dans la propriété de Bougival.

Allié : Le royaume d'Espagne est leur allié idéologique majeur, malheureusement la France est souvent en guerre avec l'Espagne ! L'ambassadeur d'Espagne lui-même est leur correspondant.

Organisation et membres

Premier cercle : les " Apôtres ".

Effectif limité à 12. Signe d'appartenance : bague en OR avec les initiales S&R
Membres :
(nom de code : Saint-Pierre) Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, petit-fils d'un des organisateurs des massacres de la Saint-Barthelémy. Il peut aussi départager en cas d'égalité aux votes. Gondi a de plus son " réseau " de curés qui lui rapportent quantités d'information.
(Saint-André) Père Jésus de Lérida: confesseur jésuite de la famille des Longueville. Est le rouage entre le coadjuteur et la duchesse de Longueville. Il a des contacts avec la couronne espagnole. Dangereux gaillard, il possède la botte des jésuites.
(Saint-Jacques le Majeur) Henri de Guise, archevêque de Reims. Les Guise ont une longue tradition de ligueurs.
(Saint-Jean) Etienne de Morlay. Précédent occupant : Joseph de Morlay.
Morlay a une très grande influence dans le cercle des Apôtres, et c'est lui qui commande leur bras armé : les " Epées du Christ ".
(Saint-Philippe) (un officier haut placé)
(Saint-Mathieu) (un membre de la Sainte-Inquisition)
(Saint-Barthélemy) (un autre officier haut placé)
(Saint-Thomas) la Duchesse de Chevreuse
(Saint-Jacques le Mineur) Le duc Henri de Ventadour, 54 ans. Il fit venir les jésuites en Nouvelle-France à l'époque où il en était viceroy. Fondateur de la compagnie (secrète) du Saint-Sacrement de l'Autel.
(Saint-Simon) Adrien de Monluc, comte de Cramail. Homme de guerre, écrivain et opposant politique du cardinal de Richelieu. Descendant du Maréchal Blaise de Monluc.
(Saint-Mathias) Personne (siège non réattribué). Précédent occupant : Jacques de Saint-Jean d'Oise.
(Saint-Jude) Anne-Marie d'Orléans (la Grande Mademoiselle). Anne-Marie a pris la succession de son grand-père maternel Henri de Montpensier. Les Montpensier furent des défenseurs intransigeants de la foi Catholique. Que les Apôtres aient parmi leurs membres une comploteuse aussi débutante prouve à quelles profondeurs est tombée la Confrérie.

Remarques : le nom de code " Mathias " correspond à l'apôtre qui remplaça Judas, et le siège correspondant était occupé par Jacques de Saint-Jean d'Oise.
Deux noms de codes (Saint-Jacques le Majeur et Saint-Jacques le Mineur) pourraient très bien être les noms de codes de membres d'une autre organisation, criminelle : les " Jacques ". Ce qui pourrait être source de confusion pour les joueurs. Qui a dit que les sociétés secrètes étaient simples ?
Théoriquement, les apôtres ne doivent pas se battre entre eux. Preuve du déclin de la Confrérie, cela n'a pas empêché Etienne de Morlay et Jacques de Saint-Jean d'Oise de se battre en duel pour cause de divergence sur l'avenir de Blanche.

Deuxième cercle : les " Diacres "

Effectif limité à 144, (mais il y en a beaucoup moins). Signe d'appartenance : bague en ARGENT avec les initiales S&R.
Les Diacres ne se connaissent pas entre eux, et ne connaissent pas l'identité des Apôtres ; au mieux, il n'en connaissent qu'un, et sous son nom de code. Ils peuvent très bien s'opposer sans savoir qu'ils appartiennent à la même Confrérie.

Quelques types de membres :
- demoiselles de compagnies,
- un membre des écharpes vertes,
- des officiers de la maison royale.
- des nobles et des fonctionnaires

Troisième cercle : les " Témoins "

(Appelés martyrs par les Apôtres, car ils sont sacrifiables).

Effectif illimité. Pas de signe de reconnaissance.
Les Témoins ne se connaissent pas entre eux, ne connaissent ni les Apôtres, ni les Diacres. En fait, ils sont même volontairement maintenus dans l'ignorance. " Moins ils en savent, mieux c'est "
Les " Epées du Christ " et Clérac font partie de ce troisième cercle.

Les Jacques

Une bande de voleurs & de coupe-gorge parisiens, soutenus par une confrérie protestante, les " Quinze ", et théoriquement à leur service.
Leur signe de reconnaissance : ils ont tous comme pseudonyme " Jacques " (+ surnom), et s'appellent " frère " entre eux.

Fonctionnement : leur chef applique à son organisation des méthodes d'espionnage. Les Jacques évoluent chacun de leur côté, jusqu'à ce qu'ils soient convoqués à une réunion par un signal indirect, par exemple un foulard accroché à un étalage. Le lieu des rendez-vous n'est jamais deux fois le même. Ils reçoivent leurs ordres uniquement de leur Chef (alors masqué), le " Grand-frère Jacques " (le Maître-espion Jean Meunier) et de son second " Jacquot la fripouille " (Jacques Sarment, membre des Quinze). Leur mission leur est expliquée au dernier moment, et ils se dispersent juste après.

Faiblesses : Meunier est en train de s'affranchir de la tutelle des Quinze. Il s'est ainsi emparé des mémoires, à l'insu de son second.
Le mode de réunion est tel que Meunier a du mal à rassembler rapidement les équipes dont il a besoin.
Les Jacques n'ont pas l'habitude de travailler ensemble et hésitent peu à se dénoncer mutuellement.

Casting des Personnages Non Joueurs (par ordre d'apparition)

Un * indique les PNJ qui ne doivent pas mourir. (du moins… pas encore!)
Par ordre d'apparition :

*François de Vendôme, Duc de Beaufort
(Voir Prologue)
Petit - fils d'Henri IV et Gabrielle d'Estrées, 33 ans. Biclassé noble comploteur/ politicien. Blond, cheveux longs, un tombeur de filles et un charisme extraordinaire. Surnommé " le roi des Halles " car il est populaire auprès du peuple.
Cet épisode-ci, Beaufort fait profil bas (enfin… relativement): il risque d'être emprisonné à tout moment s'il en fournit l'excuse à Mazarin. Il tente de diminuer le nombre de ses ennemis, mais parfois il s'emporte.

*Charles de Lorraine, troisième du nom, comte d'Harcourt
29 ans. Fils du duc d'Elboeuf et cousin de Beaufort. Un homme audacieux, impeccablement vêtu, au regard perçant, qui parle directement et avec autorité. Très imbu et maître de lui-même ; il sait qu'il porte le titre de la plus vieille famille noble de France. Militaire et officier dans l'armée de Flandres, il a souvent remporté des victoires avec très peu d'hommes.
Lors du siège de Cambrai, Harcourt a du mal à maîtriser sa colère : quoi qu'il fasse, quelle que soient son audace et son talent légendaire, il devra admettre sa première défaite retentissante. Il a le sentiment d'avoir été floué par Mazarin et se méfie de tout le monde.

*Le Marquis Etienne de Morlay
(voir Prologue)
29 ans, grand, mince, cheveux blonds, avec les yeux gris, soigneux de ses vêtures & de son corps.
Le Marquis mène conjointement son irrésistible ascension dans "Enghien dragon" et dans la Confrérie de la Sainte Rédemption. Il dirige deux cornettes (120 hommes) et une unité paramilitaire qui lui est entièrement dévouée, les fanatiques " épées du Christ " (30 hommes).
Après s'être illustré à Cambrai, Morlay sait que la Reine lui accordera la main de Blanche. Il sait qu'il n'aura pas besoin de sortir son contrat de mariage. En effet, cela amènerait la question gênante " n'avez-vous pas pu protéger vos futurs beaux-parents ? ". Il faut dire pour l'excuser que le 2 janvier, Morlay se remettait d'une blessure infligée par Jacques de Saint-Jean d'Oise pendant le duel…
Note : Morlay est l'Adversaire des PJ, l'assassin du père du PJ-Star, le Manipulateur… et le rival amoureux. Celui qui a ses propres plans qui sont souvent en conflit avec ceux des PJ. Il ne doit pas mourir (cela va venir !) et doit toujours réussir à s'en sortir.

*Mademoiselle Blanche de Saint André d'Escourme. (la blonde)
(voir Prologue)
22 ans, taille moyenne, poitrine parfaite, cheveux blonds vénitiens, jolis minois et yeux verts intense.
Charmante demoiselle ayant grandi dans une demeure champêtre et étudié avec un précepteur. Depuis l'assassinat de ses parents (adoptifs), elle loge chez des amis de la famille.
Elle a toujours décliné les avances de Morlay, mais son cœur hésite à se déclarer pour Bougival.
Dans cet épisode, elle est plutôt déprimée d'être obligée d'épouser Morlay. Elle a demandé à la Reine et Mazarin de repousser au maximum la date de son mariage dans l'espoir que " quelque chose " va l'empêcher.
Comment la jouer : Blanche est une provinciale naïve, pure et novice. Bien qu'elle essaye de se prendre en main, cela ne fait qu'empirer les choses. Elle est assez faible et fait face à des difficultés de grande proportion. Elle est alors prête à s'effondrer en larmes, et d'abandonner.
Son rôle : c'est la " belle en détresse ", Elle tombe dans tous les pièges et les PJ doivent continuellement sauver. Blanche est la " récompense des contes de fées" pour laquelle le PJ-Star devra surmonter les épreuves, et il pourra l'épouser à la fin.

Charlotte de Lègues (la brune)
25 ans. Grande et athlétique, belle brune aux yeux bleus. Nez aquilin et poitrine plutôt plate. Remarquable escrimeuse. Se conduit et se bat comme un homme.
Descendante d'une famille catholique traditionaliste, contre laquelle elle s'est révoltée. Fille unique, son père l'a élevée comme si c'était un garçon. Violée pendant son adolescence par son cousin Morlay, elle ne le porte guère dans son coeur.

Charlotte a à sa main une bague en argent marquée des initiales S&R (celle de Bougival est en or). Joseph de Morlay son oncle l'avait fait rentrer dans la Confrérie, au rang de Diacre, en s'imaginant la ramener dans le droit chemin. Elle en sait vraiment peu de choses, et n'a jamais cherché à en savoir plus, exhibant la chevalière pour sa valeur sentimentale.
Aventurière dans l'âme, elle a accepté la mission de " Saint-Pierre " sans trop de questions. Le réveil va être dur…

Comment la jouer : Charlotte est l'opposée de Blanche. Elle est la " fée noire ", Blanche étant la " fée blanche ". Là où Blanche déprime et pleure, Charlotte dégaine son épée et agit. Là où Blanche se ferait enlever et devrait être secourue par les PJ, Charlotte serait plutôt en train de secourir les PJ… Elle n'est plus très portée sur les hommes, tente de les dominer, et ne perd pas une occasion de rivaliser avec eux, à l'épée ou à cheval. Un romantique pourrait peut être la faire revenir à de meilleurs sentiments envers les hommes.
Outre sa beauté, Charlotte est provocatrice, brillante rhétoricienne, ne se laisse pas marcher sur les pieds, féministe (elle soutient à fond la Reine Christine).

Son rôle : Elle joint les PJ pour les trahir, mais finalement tombera amoureuse d'un des PJ (pas le PJ-Star!). Elle trahira alors la SR et rejoindra le camp des PJ.
Ce n'est pas un cadeau pour le PJ à qui elle est destinée : c'est plutôt " miss Catastrophe ", … mais la récompense n'en est que meilleure !
Le personnage de Charlotte est inspirée d'une aventurière escrimeuse historique (bien que plus tardive) : Mlle La Maupin. Tout ce qui a pu arriver à une femme en habits d'hommes : http://bastion.free.fr/maupin.htm.

De Clérac
38 ans, belle moustache. Il boite suite à une blessure reçue à Rocroi. Ex-membre de la Sainte-Rédemption (rang : Témoin).
Ancien chevau-léger du Cardinal, il fut recruté pour assister Jacques de Saint Jean d'Oise. Celui-ci lui a sauvé la vie à Rocroi, et il a reporté sa fidélité de la SR sur Saint-Jean d'Oise, prenant sa " retraite" en même temps que lui. Pour survivre, il donne des leçons d'escrime à des jeunes nobles écervelés.
Jacques lui a confié ses mémoires en lui demandant de les donner à son fils si quelque chose de fâcheux arrivait. Il s'exécute enfin, sept mois de réflexion plus tard. Il ne peut se résigner à laisser le fils de son ami se faire trucider sans avoir essayé de l'aider et se rachètera en se sacrifiant pour lui si nécessaire.

*Jean Meunier alias " Grand-frère Jacques "
43 ans, le crâne dégarni, un bandeau sur l'œil gauche. Maître-espion, membre des " Quinze " et chef de la bande des Jacques (nom de code : " Grand-frère Jacques ").
Son immense réseau d'informateurs comprend Henri, l'intendant des Saint-Jean d'Oise ; il est donc au courant de certains des faits et gestes des PJ.
Ce mois-ci, il a décidé de s'affranchir des " Quinze ", de s'emparer des mémoires, de les garder et de les décoder, pour qu'il soit le seul à profiter des renseignements qu'elles contiennent.
Sa satisfaction suprême est d'assister à la mort de ses proies qu'il nargue (à distance raisonnable cependant).
Après avoir tenté de tuer les PJ à l'école d'escrime, il se cachera en attendant son heure.
Note : Jean Meunier est l'archi-criminel par essence. Il ne doit pas mourir pour l'instant et doit toujours réussir à s'échapper.
Les PJ peuvent faire le rapprochement entre celui que les Jacques ne connaissent que par son nom de code, et Jean Meunier le Milicien, qu'ils ont peut-être rencontré chez de Lursac pendant l'épisode 2. Cela pourra leur servir un jour…

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